Après l’accord sur la fiscalité au G20, la taxe Gafa est dans le viseur
Les réactions enthousiastes à l’accord des 20 pays les plus riches du monde (G20) sur l’imposition minimale des multinationales, déjà approuvée par le G7 et par l’OCDE, se sont accumulées ce week-end. « Nous mettons fin à l’optimisation fiscale et les géants du numérique paieront enfin leur juste part d’impôt. C’est la plus grande révolution fiscale depuis un siècle », s’est félicité le ministre frnaçais de l’Economie et des finances Bruno Le Maire sur son compte Twitter. L’accord est maintenant sur les rails. Le groupe de travail du G20 et de l’OCDE a été mandaté pour finaliser sa conception et présenter un plan détaillé d’ici la prochaine réunion du G20 au mois d’octobre.
Si certains paradis fiscaux ont d’ores et déjà signé cet accord, ce n’est pas le cas de l’Irlande ou de la Hongrie, qui appliquent une fiscalité des entreprises de respectivement 12,5% et 9% restent opposés à la mise en place d’un taux minimum de 15%, comme le prévoit l’accord.
Donnant-donnant
La taxation minimale des multinationales a reçu le soutien actif de la nouvelle administration américaine menée par Joe Biden. Cependant, Janet Yellen, la secrétaire américaine au Trésor, n’a pas tardé à s’appuyer sur ce compromis historique pour remettre en cause les taxes numériques européennes (taxe Gafa). L’ancienne présidente de la Fed a déclaré que la signature de l’accord par l’OCDE et le G20 « invite les pays à accepter de démanteler les taxes numériques existantes, que les Etats-Unis considèrent comme discriminatoires, et à s’abstenir d’instaurer des mesures similaires à l’avenir », rapporte l’AFP.
Ce sujet sera l’un de ceux abordés lors de l’Eurogroupe, la réunion des ministres des finances de l’Union européenne, qui débute ce lundi à Bruxelles, et où se rend aussi Janet Yellen. « Nous aurons l’occasion d'évoquer ce sujet avec elle, de la rassurer, de tenir compte des préoccupations des Américains et apporter les précisions nécessaires », a déclaré Bruno Le Maire. Les discussions risquent d’être animées car l’Europe ne semble pas encline à abandonner son projet de taxe numérique, considéré par ses défenseurs comme étant différent de la taxe minimale des multinationales.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir d’une paix durable s’envole au Moyen-Orient
La reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran, qui affecte les pays du Golfe, suscite également une controverse à propos du détroit d’Ormuz. -
« Nous restons constructifs sur les actions européennes d’ici la fin d’année »
Mathieu Détouche, gérant actions chez Arkéa Asset Management -
Xavier Niel tisse sa toile dans les télécoms à coups d'acquisitions
Le fondateur du groupe Iliad va racheter la participation de 16,21% de l'opérateur émirati E& Group dans Vodafone. Il façonne progressivement son empire des télécoms, en Europe et en Amérique Latine. -
« Nous maintenons un positionnement relativement conservateur sur les marchés actions»
Vincent Morel, directeur de la gestion sous mandat chez Montpensier Arbevel -
Les gouverneurs de la Fed se préoccupent de l’IA
Le compte-rendu de la dernière réunion du Comité de politique monétaire, de même que les interventions des gouverneurs comme John Williams, montrent que l’intelligence artificielle est devenue désormais la principale source d’inquiétude concernant l’inflation à court et moyen terme. -
«Pour assister à un krach sur le crédit, il faudrait un recours bien plus important au levier»
Julien Houdain, responsable de la gestion obligataire chez Schroders.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- Les gérants actifs subissent le coût du «value for money» au profit des intermédiaires
- Ark Invest arrive en France
- Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- Russell Investments se fait racheter par B Capital et Calpers
- La finance durable change de rythme mais garde le cap
Contenu de nos partenaires
-
« C’est avant tout une mise en scène du régime iranien » : ce que cachent les impressionnantes funérailles d'Ali Khamenei
L'événement s'est mué en vaste opération de propagande destinée à montrer que le régime de Téhéran reste bien en place -
Think againLes seuls opposants de Marine Le Pen sont les marchés
La candidate d'extrême droite domine aujourd'hui largement les sondages pour l'élection présidentielle de 2027 mais les marchés, en pleine effervescence mondiale, pourrait entraver son ascension -
Mer d’Azov : l’Ukraine amplifie ses attaques contre la flotte fantôme russe
28 navires de la flotte fantôme russe ont été attaqués dans la mer d’Azov, a révélé, samedi 11 juillet, Robert Brovdi, le chef des forces de système sans pilote de l’armée ukrainienne. De son côté, la Russie continue sa campagne aérienne de frappes par drones et missiles, tout en luttant sur la ligne de front