Amundi relève l’objectif de synergies lié au rachat de Pioneer
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Christine Lejoux
Amundi est en avance sur sa feuille de route concernant l’acquisition de Pioneer. A l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, ce mercredi, le gérant d’actifs du Crédit Agricole a relevé le montant des synergies de coûts escomptées du rachat de la société de gestion italienne. Amundi table désormais sur 175 millions d’euros de synergies de coûts par an, au lieu d’une ambition initiale de 150 millions. Dix-huit mois après l’acquisition de Pioneer, signée en juillet 2017 pour 3,5 milliards d’euros, «l’entreprise est complétement intégrée», s’est félicité Yves Perrier, directeur général d’Amundi, lors d’une conférence téléphonique. Au cours du seul exercice 2018, plus de 60% du total des synergies attendues de cette opération ont été réalisées, contre un objectif initial de 40%.
Les synergies de coûts, qui ont atteint 110 millions d’euros en 2018, ont entraîné une baisse de 6,8% des charges d’exploitation l’an dernier, supérieure au repli de 5,2% des revenus nets, ressortis à 2,58 milliards d’euros. D’où une hausse de 3,1% du résultat net part du groupe ajusté (avant coûts d’intégration et amortissement des contrats de distribution) en 2018, sur un an glissant, à 946 millions d’euros, également imputable à la baisse du taux d’imposition liée à la réforme fiscale américaine.
Le groupe, qui affiche 2,3 milliards d’euros de fonds propres tangibles, en hausse de 0,4 milliard par rapport à la fin 2017, proposera un dividende en progression de 16%, à 2,90 euros par action, payable en numéraire. Ces résultats «sont en ligne avec les objectifs de notre plan à trois ans affichés en début d’année, malgré des conditions de marché défavorables», a souligné Yves Perrier.
Sur le seul quatrième trimestre, le bénéfice net part du groupe ajusté a chuté de 16,4% par rapport à la même période de l’exercice précédent, à 225 millions d’euros, dans le sillage d’un plongeon de 17,5% des revenus, à 620 millions. La forte volatilité sur les marchés en fin d’année a pesé sur la capacité d’Amundi à générer des commissions de surperformance et à collecter. Le gérant d’actifs a accusé une décollecte nette de 6,5 milliards d’euros, d’octobre à décembre. Dans le détail, la collecte nette s’est élevée à 0,5 milliard d’euros sur le segment retail alors que celui des institutionnels a accusé une décollecte nette de 7 milliards d’euros, principalement en raison de la fin de deux mandats de clients souverains.
«Le consensus des analystes anticipait une décollecte sur le quatrième trimestre et nos résultats sont conformes à leurs attentes», a nuancé Nicolas Calcoen, directeur financier d’Amundi. Pour la seule Europe, Amundi affiche une collecte nette stable au quatrième trimestre, alors que le marché européen dans son ensemble a subi une décollecte de 88 milliards d’euros, a précisé Yves Perrier.
Sur l’intégralité de l’exercice 2018, qui a vu la quasi-totalité des classes d’actifs évoluer de façon négative, Amundi a enregistré une collecte nette de 42 milliards d’euros – dont +30,7 milliards sur le retail et +11 milliards sur le compartiment des institutionnels –, alors que le groupe s’était fixé un objectif de 50 milliards. «Le contexte d’aversion au risque est toujours présent», a indiqué Nicolas Calcoen.
La collecte a été portées par différents pays et différentes typologies de clientèle. R-co Valor et R-co Conviction Credit Euro attirent une bonne partie des flux. Cela permet à la société de gestion d'atteindre les 50 milliards d'euros d'encours.
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