Morning libère les fonds de ses clients
La start-up de cagnottes en ligne Morning (ex-Payname) a obtenu un sursis. Le 4 janvier, elle a annoncé à ses clients qu’ils pouvaient récupérer leurs fonds qui étaient gelés depuis le 1er décembre. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) lui avait en effet interdit de poursuivre son activité, car les sommes figurant au crédit de son compte de cantonnement étaient «nettement insuffisantes» pour couvrir les fonds reçus de la clientèle, et qu’en outre, sa trésorerie était négative.
Le ton était alors monté entre Eric Charpentier, fondateur de Morning détenant 28% du capital, et la Maif, premier actionnaire avec 38% du capital. L’entrepreneur reprochait au groupe de ne pas vouloir remettre au pot pour garantir la survie de la start-up. Mais l’assureur ne voulait pas se réengager sans un autre investisseur.
Manifestations d’intérêt
Finalement, le 22 décembre, Morning a remis sur le compte de cantonnement les 500.000 euros qu’elle y avait prélevés pour lancer la commercialisation de cartes bancaires, un projet mis entre parenthèses. Puis entre le 23 et le 28, la Maif a versé 566.130 euros couvrant le reste des dépôts des clients mais aussi les salaires de décembre et janvier. Le 29 décembre, l’ACPR a levé l’interdiction de Morning, considérant qu’il convenait «de rétablir au plus vite la disponibilité des fonds des clients».
Selon la Tribune, la banque Edel (filiale de E. Leclerc) et la start-up de paiements en marque blanche Treezor se sont manifestées pour reprendre Morning, et leurs projets seront étudiés par les actionnaires de Morning jusqu’au 15 janvier. La Maif ne confirme pas, «ces informations étant confidentielles». De son côté, Morning affirme «ne pas chercher de repreneur à l’heure actuelle» : «l'équipe souhaite construire la néo-banque française dans les meilleures conditions et sans abîmer l’intégrité du projet.» Elle se donne jusqu’à fin janvier pour communiquer sur son avenir.
Reste à savoir si les clients seront au rendez-vous, après avoir subi le gel de leurs comptes durant la période de Noël, pour des montants atteignant parfois 2.000 euros. Fabien Soldevila, ingénieur informatique et blogueur culinaire, vient seulement de récupérer les 200 euros qu’il réclamait depuis le 5 décembre. Il doute que les consommateurs puissent «retrouver confiance en Morning sachant que la Maif a renfloué les caisses mais que c’est, a priori, la dernière fois». Pour ses futures cagnottes en ligne, il se tournera vers le service concurrent Tilt.
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