Xavier Niel ponctionne un gros dividende sur son opérateur suisse
L’opérateur Salt, acheté en 2015 par le fondateur de Free, lève une nouvelle dette pour faire remonter 500 millions de francs suisses à son actionnaire.
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Olivier Pinaud
Xavier Niel, le patron d’Iliad.
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Aux complaintes des opérateurs français au moment du lancement de Free Mobile en 2012, Xavier Niel aimait leur renvoyer les milliards de dividendes distribués à leurs actionnaires, rappelant que son groupe Iliad avait toujours été très économe en dividendes. L’opérateur de télécoms reverse une vingtaine de millions d’euros par an depuis 2014, un montant paraissant bien anecdotique au regard de ses 12 milliards d’euros de capitalisation boursière.
En revanche, à titre personnel, Xavier Niel n’est pas opposé aux dividendes. Salt, l’opérateur de téléphonie suisse acquis en 2015 par NJJ Capital, la holding personnelle du fondateur de Free, est en train d’émettre 400 millions de francs suisses de dette supplémentaire pour faire remonter un dividende de 500 millions de francs à son actionnaire. Salt avait déjà payé 150 millions de francs de dividende lors du refinancement de sa dette en août 2015. L’opérateur porte 1,9 milliard de francs suisses de dette high yield.
NJJ Capital a déboursé 2,8 milliards de francs (2,3 milliards d’euros à l’époque) pour mettre la main sur l’ancien Orange Suisse qui était dans le giron d’Apax depuis 2011. Ces dividendes exceptionnels financés à crédit permettront ainsi de couvrir environ un quart de l’investissement.
Avec cette nouvelle dette, les analystes de CreditSights estiment que le ratio de levier (dette nette sur Ebitda) de Salt passera de 4,4 fois à 5,3 fois. Même s’ils reconnaissent que «les résultats 2016 ont couplé bénéfices solides et hausse des cash-flows», ces analystes craignent que «la remontée du ratio de levier repose sur une croissance ponctuelle des résultats». CreditSights rappelle que, sous la nouvelle direction mise en place par Xavier Niel, Salt a réduit de 45% ses dépenses commerciales en 2016 et de 30% ses investissements, ce qui «pourrait conduire à un sous-investissement dans le réseau et la marque, au risque de nuire au maintien des cash-flows à moyen terme», qui plus est sur un marché concentré et dominé par Swisscom et Sunrise. Le chiffre d’affaires de Salt a baissé de 12,2% en 2016.
Pour pouvoir procéder à ce «dividend recap», Salt doit auparavant obtenir l’accord de ses créanciers. La documentation de la dette actuelle plafonne en effet à 4,5 fois le ratio de levier de l’opérateur. Les investisseurs ont jusqu’à demain pour se prononcer.
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