Xavier Niel confirme ses ambitions internationales en rachetant Orange Suisse
Mauvaise nouvelle pour Swisscom: Xavier Niel s’installe en Suisse. Le cours de Bourse de l’opérateur suisse a chuté hier de 7,86% après l’annonce du rachat d’Orange Suisse par le co-fondateur et premier actionnaire d’Iliad (Free) auprès d’Apax Partners. Xavier Niel tient sa revanche: il s’était fait coiffer au poteau par Apax Partners fin 2011.
NJJ Capital, sa holding personnelle, va débourser 2,8 milliards de francs suisses (2,3 milliards d’euros), soit environ 7 fois l’Ebitda estimé pour 2014, autour de 6 fois fiscalité ajustée. L’opération devrait être bouclée au premier trimestre de l’an prochain.
Après l’échec cet été de sa tentative de rachat de T-Mobile US, c’est la véritable première incursion de Xavier Niel hors de France. Le fondateur de Free est bien actionnaire minoritaire d’un opérateur en Israël (Golan Telecom) et à Singapour (MyRepublic), ou propriétaire de Monaco Telecom depuis avril dernier, mais Orange Suisse lui offre un tout autre terrain de jeu. L’ancienne filiale d’Orange est le numéro trois derrière Swisscom et Sunrise, avec un peu plus de 2,1 millions de clients, soit près de 20% du marché.
«Ma première priorité sera de gérer Orange Suisse en accord avec l’environnement du marché suisse», a diplomatiquement déclaré Xavier Niel hier dans un communiqué. Mais il est probable qu’il souhaite bousculer le marché helvétique. D’où les inquiétudes des actionnaires de l’opérateur historique. Avec encore 59% du marché, Swisscom dégage une marge d’Ebitda de 37,6%, proche de celle d’Orange en France, mais supérieure d’environ 7 points à celle d’Orange Suisse.
Apax avait racheté l’ancienne filiale d’Orange fin 2011 pour un montant de 2 milliards de francs, dont 1,4 milliard de dette. La valorisation s’élevait alors à 6,5 fois l’Ebitda. Selon une source proche, Apax n'était pas vendeur d’Orange Suisse mais le fonds de private equity a finalement accepté la proposition de Xavier Niel alors que ce dernier visait initialement Sunrise, aux mains de CVC Capital Partners. Ce dernier a refusé les avances du Français préférant miser sur une sortie via une introduction en Bourse. Au vu de la chute du cours de Swisscom, l’arrivée de Xavier Niel risque de compromettre leurs ambitions. Apax était conseillé par Credit Suisse. NJJ Capital était épaulé par Lazard et BNP Paribas.
Plus d'articles du même thème
-
Les directeurs financiers gardent le cap sur la croissance
Les directeurs financiers français sont cependant deux fois plus nombreux que leurs homologues internationaux à estimer qu’ils ne passent pas assez de temps sur les transactions et l’allocation du capital, selon l'enquête mondiale 2026 Global CFO Survey". -
Donald Trump prolonge le cessez-le-feu mais ne rassure pas vraiment les marchés
La pause dans la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran était censée prendre fin mercredi soir mais le président américain l’a prolongée de manière unilatérale et pour une durée indéterminée. Les investisseurs ne s’emballent pas pour autant. -
EXCLUSIFLes acquéreurs gardent l’avantage dans les fusions-acquisitions en Europe
Dans un marché toujours tendu, les clauses d’ajustement de prix et d’earn-out s’imposent dans les process, tandis que les durées de garanties s’étendent, selon une étude du cabinet d’avocats CMS.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- L'entrée en relation bancaire numérique embarrasse les réseaux traditionnels
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
Contenu de nos partenaires
-
Washington prolonge la trêve avec Téhéran, mais maintient son blocus naval
À la veille de l’expiration de la trêve entre l’Iran et les Etats-Unis, Donald Trump a affirmé mardi 21 avril prolonger le cessez-le-feu, tout en maintenant son blocus naval dans les ports iraniens. Téhéran conteste, considérant cette décision comme un « acte de guerre » -
Emmanuel Macron lance la « méthode Notre-Dame » pour accélérer les projets industriels
Montluçon - En mode «Notre-Dame» pour rehausser la cadence: Emmanuel Macron égrène mercredi la méthode de l’Etat pour accélérer l’aboutissement de projets industriels et agricoles jugés stratégiques, à l’occasion d’un déplacement et d’un Conseil des ministres délocalisé dans l’Allier. Au milieu d’une actualité internationale chargée, entre la réception du président libanais à l’Elysée et un déplacement à Chypre et en Grèce, et alors que son gouvernement se débat entre les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et les gels de crédits budgétaires, Emmanuel Macron présidera la traditionnelle réunion hebdomadaire des ministres depuis Montluçon. Il se rendra ensuite à Échassières (Allier) pour inaugurer la mine de lithium de l’entreprise Imerys. Un vaste projet assis sur un des principaux gisements mondiaux de minerai de lithium qui devrait permettre, à partir de 2030, de produire 34.000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium et équiper annuellement 700.000 voitures électriques. Une «incarnation de nos objectifs de souveraineté», qui «illustre concrètement la réduction des dépendances stratégiques européennes», a expliqué l’Elysée. Ce projet baptisé «Emili» figure parmi les 150 «grands projets stratégiques» (GPS) bénéficiant de toutes les attentions de l’Etat et des collectivités territoriales, initiative annoncée en novembre par le président lors du premier sommet «Choose France Edition France» et formellement lancée en janvier. Portés pour moitié par des PME et des ETI, ces 150 projets sont répartis dans 63 départements, pour 71 milliards d’euros d’investissement cumulé, et couvrent «l’ensemble du spectre industriel stratégique», selon l’Elysée: agroalimentaire, centre de données, biocarburants, batteries, santé, aéronautique, défense... Emmanuel Macron détaillera cette initiative lors d’une allocution depuis Échassières. Point d’orgue d’une séquence «riche de quelques obsessions présidentielles», au premier rang desquelles «la souveraineté industrielle», selon la présidence. «Partout en France» La reconstruction de la vénérable cathédrale de Paris tient lieu d’exemple à suivre en matière de simplification et d’accélération des procédures, tout comme les Jeux olympiques de 2024 qui avaient été précédés de loi de simplification. «Comment nous pouvons vivre dans une nation qui a su faire des Jeux olympiques et paralympiques extraordinaires en sept ans ? Comment on peut être dans une nation qui rebâtit Notre-Dame en cinq ans, et à qui on dit à un agriculteur qui veut étendre son poulailler, ça sera cinq ans?», s'était exclamé Emmanuel Macron en recevant des maires le 16 avril. «Méthode Notre-Dame, méthode Jeux olympiques, mais partout en France», donc. «On doit aller beaucoup plus vite en mettant les procédures en parallèle, en s’affranchissant des choses qui sont inutiles et des bureaucraties tatillonnes et en retrouvant un peu de la philosophie d’action» de ces deux grands chantiers, a expliqué le président. «Dans un souci de sobriété», a fait valoir la présidence, ne seront présents mercredi autour du chef de l’Etat et de Sébastien Lecornu que les ministres directement concernés par la séquence, à savoir Laurent Nuñez (Intérieur), Roland Lescure (Economie), Annie Genevard (Agriculture), Françoise Gatel (Aménagement du territoire), Sébastien Martin (Industrie) et Mathieu Lefèvre (Transition écologique). Le reste du gouvernement sera en visio-conférence depuis l’Elysée. MM. Martin et Lefèvre animeront une table ronde sur la simplification industrielle et environnementale, Mme Genevard une table ronde sur la simplification agricole et la souveraineté alimentaire. L’occasion pour la ministre d’aborder l’attendu projet de loi d’urgence agricole. Baptiste PACE © Agence France-Presse -
Les fous de BaalbekLe Hezbollah observe les négociations libano-israéliennes « le doigt sur la gâchette »
La milice armée, alliée du régime de Téhéran, pourrait profiter de ce répit pour reconstituer ses forces