Nos articles d’actualité et d’analyse sur la banque centrale américaine (la Réserve fédérale ou Fed), sur les déclarations de ses principaux dirigeants, sur ses annonces de politiques monétaires (évolution des taux directeurs, programmes de liquidité ou de rachats d’actifs, suivi de l’inflation).
L’indice d’inflation CPI est ressorti à 3,7% au lieu de 3,6% attendu sur un an en septembre, notamment à cause des prix de l’énergie. L’inflation sous-jacente a atteint 2,6% au lieu de 2,5%, ce qui a remonté la probabilité d’une hausse des taux Fed dès octobre.
La société de gestion spécialisée sur les marchés obligataires et de crédit a publié ses dernières perspectives. Le directeur des investissements obligataires, Andrew Balls, résume, en avant-première pour L’Agefi, cette analyse sur l’économie et la dynamique pour les marchés de taux et de crédit.
Les panélistes interrogés par L’Agefi ont augmenté leurs attentes de hausses de taux pour les quatre grandes banques centrales. Et également pour les taux longs.
Gare au trompe-l’œil ! L’inflation PCE s’est apparemment stabilisée en août aux Etats-Unis, mais c’est surtout dû à un changement méthodologique dans sa mesure par le Bureau of Economic Analysis (BEA). La dynamique inflationniste, elle, ne change pas.
Le mois dernier, les prix ont augmenté de 3,4% aux Etats-Unis, comme en juillet, sachant que les chiffres d'inflation ont été perturbés par un changement de méthodologie. La croissance a par ailleurs été revue en hausse pour le deuxième trimestre et les créations d'emplois sont meilleures que prévu.
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette «recorrélation» avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable.
Les facteurs de risque s’enchaînent pour faire monter les taux longs un peu partout dans le monde. Et s’il est davantage question de désorientation du marché que de véritable krach obligataire, il reste difficile d’anticiper une inversion du mouvement.
Le nouveau président de la Fed n’a pas déçu les attentes d’une hausse de taux après son revirement «restrictif» de Jackson Hole. De quoi renforcer sa crédibilité malgré les tweets toujours contradictoires de Donald Trump. Les autres membres du FOMC affichent encore pour la suite une certaine prudence, qui devrait quand même les amener à une hausse de taux supplémentaire jusqu’à 4,25%.
Après avoir annoncé le 19 août sa volonté de racheter davantage de bons du Trésor de maturité longue, le secrétaire au Trésor a dû tenter de rassurer après une première opération de ce type plutôt ratée le 10 septembre. Les experts s’attendent à ce que le Trésor supprime ses adjudications sur les titres à 20 ans entre début novembre et début février.
Alors qu’un ralentissement ou une stagnation de l’inflation en août aurait pu conduire à un Comité monétaire plus indécis le 16 septembre, la nouvelle publication en hausse a rallié les marchés à l’idée d'une hausse de taux quasi certaine, la première depuis trois ans.
Entre une inflation – pour l’instant surtout liée à un choc d’offre exogène pour la zone euro et le Royaume-Uni – et des taux longs très élevés qui durcissent naturellement les conditions financières, les grandes banques centrales pourraient sans doute être un peu plus patientes que ne l’attendent les marchés. Mais dans un contexte très favorable à la «dominance budgétaire», ces derniers ont besoin de certitudes sur l’indépendance des gardiennes des monnaies.
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent désormais des hausses de taux dans toutes les grandes banques centrales sauf la Banque d’Angleterre (BoE). Ils tardent cependant à aligner les taux longs sur la tendance en forte hausse de cet été.
Le rapport sur les créations d’emplois a dépassé les attentes en août, et renforcé la possibilité d’un resserrement monétaire de la Fed dès le 18 septembre, malgré d’autres chiffres mitigés.
La volonté de Kevin Warsh de réduire les occasions de communication de la Fed, jusqu'à la possible réduction du nombre de réunions du FOMC, ne manque pas de perturber les marchés, du moins à court terme, fait valoir Hélène Baudchon, cheffe économiste adjointe, responsable de la recherche macroéconomique, département des études économiques groupe BNP Paribas.
Les taux montent, à près de 7% pour les prêts hypothécaires sur 30 ans, mais les prix ne diminuent pas, faute de biens à vendre. Les propriétaires, qui ne souhaitent pas contracter un nouveau prêt à un taux plus élevé, sont moins mobiles. La loi-cadre adoptée fin juin au Congrès sans le soutien de Donald Trump ne changera pas la donne à court terme.
Kevin Warsh, qui passait un «examen» en ouverture du Symposium de Jackson Hole après avoir été critiqué pour son manque de clarté sur l’inflation en juillet, a tenté de se rattraper. Et fait pencher le marché en faveur d’une hausse de taux dès la prochaine réunion.