Pour le responsable mondial de la recherche au sein de Natixis CIB, la place du billet vert sur les marchés de changes et dans les réserves mondiales est vouée à s’affaiblir, pour des raisons conjoncturelles et structurelles.
Il manque à la monnaie unique un stock d'actifs suffisamment bien notés et liquides pour servir de refuge aux investisseurs mondiaux en période de stress des marchés. L'idée d'une mutualisation partielle des dettes souveraines refait surface.
La devise a bénéficié sur la première partie de l’année de l’avance prise par le pays en matière de défense avant que le thème des tarifs douaniers ne prenne le relais et que la banque centrale suédoise se montre plus accommodante.
Antoine Jacquemin, responsable monde de la vente taux, crédit et change pour les entreprises au sein de la Société Générale souligne l'importance de la flexibilité des couvertures de risques, en raison du contexte économique et géopolitique.
Les sociétés de gestion et les banques interrogées par L’Agefi ont fortement remonté leurs anticipations sur l’euro-dollar. Elles ont en revanche peu touché à leurs prévisions de taux au cours du mois de juin.
Les actions ont retrouvé leurs plus hauts historiques alors que le risque de récession s’est éloigné. L’Europe a surperformé le marché américain. Mais l’environnement reste incertain. La nouvelle vision du monde, imposée par Donald Trump, se reflète dans les taux et les devises.
La nomination imminente du successeur de Jerome Powell a été démentie par la Maison-Blanche. Mais le dollar a accentué son repli, notamment face à l'euro. D'autres éléments, comme la macroéconomie, expliquent la glissade du billet vert.
La baisse du billet vert depuis le début de l’année n’est pas uniquement due à la politique économique de Donald Trump mais prend ses racines dans un mouvement plus profond. Il avait jusque-là été masqué par l’avalanche de capitaux sur la tech américaine.
L’inflation suisse étant redevenue négative et le franc suisse très vigoureux, la banque centrale n’exclut pas de revenir à des taux négatifs dès cette année. D’autant qu’elle anticipe une baisse de la croissance mondiale.
La valeur totale des investissements des fonds de pension aux Pays-Bas s’est érodée de 54 milliards d’euros au début de 2025, en particulier à cause du dollar faible.
La revenge tax apparue dans le projet de loi budgétaire de l’administration Trump pour sanctionner les pays non coopératifs pourrait avoir des répercussions importantes sur les flux financiers vers les Etats-Unis, et remettre en question les conventions fiscales bilatérales. Mais un grand flou demeure sur le champ d’application exact de ce texte. Des incertitudes qui devront nécessairement être précisées avant le vote au Sénat.