En épargne salariale, les gestions cherchent à améliorer la lisibilité des gammes de FCPE
Les fonds communs de placement d’entreprise (FCPE) diversifiés affichent un encours de 60,8 milliards d’euros fin 2013, soit 59 % du total des actifs placés en épargne salariale, le solde étant constitué de fonds d’actionnariat salarié. L’Association française de la gestion financière (AFG) dénombre ainsi 1.420 FCPE couvrant les principales classes d’actifs. « Au début des années 2000, le salarié avait le choix entre une multitude de produits très spécialisés au sein de son plan d’épargne entreprise, se souvient Xavier Collot, responsable commercial chez Amundi Epargne Entreprise (EE), mais cela nuisait à la lisibilité de l’offre. Devant tant de choix, il finissait souvent par se positionner sur le fonds monétaire. Nous avons depuis resserré nos gammes autour d’un nombre plus restreint de produits. » Un constat partagé par Didier Trupin, le directeur général de Natixis Interépargne : « Une entreprise de taille intermédiaire propose aujourd’hui généralement entre quatre et six FCPE au sein de son PEE (plan épargne entreprise). Il faut donc savoir proposer des gammes resserrées couvrant l’ensemble des profils de risque sur quelques produits seulement ».
Les produits monétaires et monétaires court terme règnent toujours en maître puisqu’ils représentent 22 milliards d’euros (lire le tableau), soit 35 % des encours des FCPE diversifiés. Un positionnement étonnant pour des dispositifs d’épargne longue, surtout si l’on tient compte de la rémunération quasi inexistante de cette classe d’actifs. « Nous communiquons depuis plus d’un an auprès des entreprises pour inciter les salariés à choisir des FCPE en adéquation avec leur horizon de placement. L’objectif est de les amener à réduire leur investissement en monétaire », explique Gilles Favier, directeur marketing et communication de BNP Paribas Epargne & Retraite Entreprises (ERE) dont les fonds monétaires représentent 20 % des encours. Natixis Interépargne va dans le même sens : « Nous avons renforcé notre communication sur la gestion financière ces derniers mois afin d’attirer l’attention des épargnants sur l’écart de performance entre les fonds monétaires et les autres supports de placement », explique Didier Trupin.
Pour répondre à l’objectif d’une épargne sécurisée voulue par les salariés, les sociétés de gestion mettent l’accent sur des fonds à capital garanti ou protégé. « La gamme BNP Paribas Avisea se compose de cinq compartiments garantis à l’échéance, comprise entre 10 et 30 ans. Elle s’adresse à tous les types d’entreprises, de la plus petite à la plus grande, dès lors que leurs salariés souhaitent limiter le risque de perte en capital sans renoncer à la performance », indique Gilles Favier chez BNP Paribas ERE.
Autre tendance forte, les sociétés de gestion s’intéressent à la gestion flexible. Amundi EE propose la gamme Amundi Flexible ESR dont les produits peuvent faire varier leur allocation en actions entre 0 et 100 % pour le fonds le plus offensif et entre 0 et 40 % pour le plus prudent. « La flexibilité est d’autant plus importante que, dans la pratique, les salariés réalisent peu d’arbitrages. Il faut leur proposer des fonds tout-terrain pouvant s’adapter à la conjoncture », explique Xavier Collot.
Socialement responsable
Les statistiques d’encours des FCPE le montrent. L’investissement socialement responsable (ISR) s’est bel et bien installé dans le paysage de l’épargne salariale. Les FCPE ISR totalisent ainsi 16,1 milliards d’euros d’encours, un chiffre en hausse de 10 % sur un an. Parmi ces encours, 3 milliards sont investis dans des fonds solidaires, que les entreprises ont l’obligation de proposer dans le cadre de leur PEE et de leur Perco (plan d’épargne pour la retraite collectif). « Notre offre Phileis, labellisé par le CIES* comporte cinq compartiments ISR par profil de risque, dont deux fonds solidaires. Certains clients intègrent l’ensemble de la gamme à leur dispositif, d’autres se contentent d’un ou de plusieurs compartiments », indique Patrick Lamy, directeur des affaires juridiques et fiscales de BNP Paribas ERE. Même constat chez Amundi EE, qui gère 10 milliards d’euros en ISR : « Les très grandes entreprises intègrent généralement un ou deux fonds ISR à leur dispositif. Mais certaines entreprises de taille intermédiaire vont plus loin, à la demande des représentants des salariés, en mettant en place des PEE ou des Perco 100 % ISR », précise Xavier Collot.
L’intérêt pour l’investissement socialement responsable n’est donc pas l’apanage des grands groupes du CAC 40. « Les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires proposent des PEE 100 % ISR à leur clientèle d’entreprises et de professionnels. Cela répond à une attente forte et correspond aux valeurs de ces deux grands réseaux coopératifs », confirme José Castro, le directeur du développement de Natixis Interépargne.
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