Des réformes retraites qui pénalisent les jeunes et les bas salaires
Quel bilan tirer des réformes de menées entre 2010 et 2015 en matière de retraite? C’est le sujet de la dernière enquête réalisée par la Direction des Etudes du Ministère des Affaires sociales (Drees). L’étude prend notamment en compte la loi Woerth du 9 novembre 2010, la loi Touraine du 20 janvier 2014 ainsi qu’aux accords nationaux interprofessionnels AGIRC-ARRCO-AGFF du 13 mars 2013 et 30 octobre 2015 relatif aux retraites complémentaires. L’objectif de ces réformes a été de redresser les comptes en réduisant la durée passée à la retraite et de diminuer la masse des pensions à distribuer.
A titre d’illustration les prestations de retraite de droit direct versées par l’ensemble des régimes a représenté en 2015 l’équivalent de 12,2 % du PIB soit 266 milliards d’euros. L’étude note que les réformes entreprises vont surtout impacter les générations de jeunes travailleurs en reculant de deux ans l’âge moyen de départ en retraite. «C’est la réforme de 2010 qui, en relevant de deux ans les bornes d’âge contribue le plus à cette réduction de la durée passée à la retraite par rapport à une situation sans réforme», précise l’étude. A titre d’exemple, la durée passée à la retraite des hommes nés en 1980 devrait être de 25 ans et celle des femmes de 29 ans. L’étude souligne que cette génération 1980 devrait bénéficier d’un montant de pension plus élevé du fait des accords nationaux interprofessionnels AGIRC-ARRCO. « Dans la mesure où les régimes complémentaires représentent en moyenne entre 30 et 40 % de la pension totale, ces accords ont un effet significatif sur les pensions. Ce dernier est principalement dû à la sous-indexation des pensions AGIRC-ARRCO. Au total, la pension moyenne relative, à la suite des réformes menées depuis 2010, diminue de 1,3 % pour la génération 1950 et augmente de 2,1 % pour la génération 1980», précise l’étude.
Toutefois les différentes réformes sont porteuses d’une inégalité entre les travailleurs qui ont bénéficié de hauts salaires durant leur carrière et ceux qui n’ont eu que des bas salaires ou qui ont connu des périodes de chômage. «Ces mesures réduisent la pensions cumulée de 6,6 % pour les assurés en dehors de l’emploi dès 50 ans, alors que l’effet est quasi nul pour des assurés ayant des salaires élevés». L’étude évalue la baisse de pension à 3,5 % pour la catégorie des hauts salaires.
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