Bilan ANI: conseil et pédagogie pour redynamiser le marché de l’assurance collective
Force est de constater que le bilan de la mise en place de la généralisation de la complémentaire santé, plus d’un an après sa mise en œuvre, est plutôt mitigé.
Par ailleurs, les accords de branche évoluent en permanence. Sur les 85% d’entreprises équipées, il peut y avoir des sociétés en défaut de conformité: la mise à jour du contrat est alors nécessaire. D’ici au 1er janvier 2018, les groupes ayant mis en place un contrat santé collectif avant le 19 novembre 2014 et n’ayant pas modifié leur acte juridique depuis cette date devront se mettre en conformité avec le dispositif des contrats responsables.
Pour redynamiser le contrat collectif et convaincre les réfractaires, il est nécessaire de sensibiliser les dirigeants de TPE à l’importance d’offrir à leurs salariés une couverture santé de bon niveau.
Des dirigeants de TPE encore réticents, à moins d’y être contraints
En dehors des entreprises de plus de 50 salariés qui n’ont pas attendu l’ANI pour mettre en place un contrat collectif, de nombreux dirigeants de TPE sont toujours réfractaires à la généralisation de la complémentaire santé. On le sait, le coût de cette complémentaire santé collective est un frein pour certains groupes qui la considèrent souvent comme une taxe supplémentaire… Par conséquent, soit le dispositif n’est pas mis en place dans leur entreprise (le risque de sanctions prud’homales n’étant pas dissuasif), soit, dans la plupart des cas, la solution d’assurance adoptée reste l’option la moins chère du marché.
En effet, les entreprises sont encore nombreuses – et on peut le comprendre – à proposer une couverture santé minimale à leurs salariés afin d’alléger au maximum cette nouvelle charge. Si certains acteurs de l’assurance santé collective proposent, au-delà de leurs contrats socles, des renforts de qualité en termes de simplicité de souscription ou de garanties proposées, d’autres ne s’inscrivent pas dans cette logique. Or, sans renforts de qualité, les salariés y laissent forcément des plumes par rapport aux remboursements et services que délivre aujourd’hui leur complémentaire individuelle.
Le choix de la couverture sociale, un des leviers d’un climat social positif
Les dirigeants de TPE ne mesurent pas toujours la portée « sociale » de leur choix lorsqu’ils optent pour un panier de soins minimum. Pourtant, dans un contexte économique qui ne favorise forcément pas la croissance des rémunérations, avoir une bonne complémentaire santé constitue un avantage important pour les salariés et leurs familles. D’ailleurs, on note à l’inverse que souscrire le panier de soins minimum génère souvent des réclamations salariales au sein de l’entreprise concernée.
Conseil et accompagnement, pédagogie, refus de la guerre des tarifs : nos convictions
On le voit : le sujet est complexe et les dirigeants de TPE ne sont pas toujours à même d’accompagner au mieux leurs salariés sur des sujets qui demeurent relativement techniques. D’où l’importance, pour les différents acteurs de l’assurance, d’accompagner leurs réseaux de distribution afin qu’ils prodiguent les meilleurs conseils à leurs entreprises clientes.
Pour April, les courtiers de proximité peuvent faire valoir leur rôle de conseil en abordant avec le chef d’entreprise l’ensemble de ses problématiques d’assurance et en lui faisant réaliser concrètement l’importance d’une couverture santé de bon niveau : la sienne en tant que dirigeant, celle de sa famille et, dans le même temps, celle de ses salariés.
Pour les 15 % d’entreprises qui optent pour une couverture minimale, il est conseillé de souscrire une surcomplémentaire adossée au contrat collectif. La majorité des offres du marché propose ce dispositif. Encore faut-il correctement accompagner les salariés, avec beaucoup de pédagogie, pour les aider à déterminer le bon niveau de couverture en fonction de leur contrat individuel ou de leurs besoins spécifiques. Doit-on obligatoirement adhérer à la complémentaire collective de son employeur? Cette mutuelle est-elle moins chère qu’une complémentaire individuelle? Quels sont les niveaux de garanties et de remboursements? Quels sont les avantages et inconvénients du dispositif? Qu’apporte le nouveau contrat de santé «responsable»? Ces nouvelles dispositions sont encore mal connues par les Français et suscitent encore des questionnements sur lesquels les chefs d’entreprise doivent être accompagnés.
Par ailleurs, April n’est pas rentrée dans la guerre des tarifs du panier de soins ANI. Nous parlons de santé, au-delà du prix, il est du devoir de tout acteur de l’assurance santé d’apporter des garanties et un service de qualité aux assurés professionnels, entreprises et particuliers. De ce fait, 85% de nos entreprises clientes ont opté pour des garanties supérieures: un bon choix. Sur une formule panier de soins, nous constatons un taux de souscription de surcomplémentaires supérieur à 45%.
Les acteurs de l’assurance doivent se concentrer sur la qualité de la couverture proposée aux chefs d’entreprise et à leurs salariés
Au final, l’ANI et ses modalités de mise en œuvre dans les entreprises ne doivent pas occulter la liberté des dirigeants mais aussi des salariés de choisir la couverture santé qui leur convient. Les acteurs de l’assurance doivent en tout cas en permanence s’attacher à proposer des solutions modulables qui permettent de s’adapter aux attentes des entreprises tout en répondant aux besoins de leurs salariés.
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