Un peu de nerf, que diable !
Cet été, l’actualité française a été tout simplement émolliente, comme si elle s’était mise au diapason inverse du climat. En dernier ressort, nous avons constaté, presque résigné, que les indicateurs économiques du pays demeuraient désespérément faibles. Le deuxième trimestre 2014 s’est distingué par une croissance nulle et pour mieux peser sur les esprits, l’Allemagne elle-même a vu son activité reculer de 0,2%. Autant dire que sans ce moteur et sans inflation, les réformes structurelles tant bien que mal engagées vont être fichtrement hésitantes à produire leurs effets.
Dès lors, l’Exécutif semble ramer à contre-courant d’une popularité historiquement consternante. Entre deux commémorations de la Grande guerre et de la Libération de Paris et quelques branches sportives auxquelles se raccrocher, il ne peut que préparer les consciences à une rentrée des plus délicates sans, malgré le remaniement, réorienter sa politique.
On ne s’étonnera donc guère que tous les principaux titres de ces mois estivaux aient été monopolisés par l’information internationale, celle-là même qui a également dicté l’humeur maussade des marchés financiers au travers des malheurs de la bande de Gaza, de l’Irak et, bien sûr, du très proche conflit ukrainien.
On ne sera pas davantage surpris, dans cette grisaille, que tout soit prétexte à justifications. Ainsi du communiqué du Ministère des Finances infirmant «certaines informations de presse» pour maintenir sa prévision d’impôt sur le revenu à 71 milliards pour ce millésime. Tout en précisant par ailleurs une baisse de ce même impôt pour les Français modestes et en annonçant, façon potion anti-ras-le-bol fiscal, un recul plus général en 2015. Ce dont personne ne doutera au regard des feuilles de contribution reçues ces dernières années…
Pour les plus circonspects, il restera à consulter le classement établi en juillet par le cabinet Bradley Hackford, spécialisé, cela va sans dire, dans l’expatriation internationale, affichant le top 5 des pays les moins fiscalisés, «starring» dans l’ordre décroissant les Bahamas, Andorre, Monaco, la Bulgarie (IR à 10%!) et Panama. Il ne s’agit en rien d’une incitation, bien entendu, notre pays souffrant surtout d’un civisme très relatif et d’une solidarité soit sans proportionnalité, soit sans contrepartie. Confiance et croissance allant de pair, on se concentrera plus sûrement sur la politique de la BCE en espérant qu’elle fasse preuve de ce grain de folie qui ferait croire en l’avenir.
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