Tout savoir sur les circuits d’épargne… sauf exceptions
«L’AMF prendra-t-elle la seule décision qui serait à même de réconcilier les Français avec les solutions d’investissement de long terme: la suppression totale des rétrocessions pour tous, indépendants ou salariés?» L’audacieux qui a posé cette question s’est évidemment reçu une volée de bois vert de la part d’un public hypersensibilisé à la fois sur son statut d’indépendance et sur une grosse partie du nerf de la guerre, autrement dit les rétrocessions de commissions. Pourtant, l’auteur de ces lignes, en la personne de Frédéric Picard, connaît bien cet univers et définit sa société, MyFlow, comme «l’alliée des indépendants». Il prend d’ailleurs la précaution de préciser dans sa chronique parue dans Les Echos qu’il s’agirait pour lui de mettre fin «aux conflits d’intérêts multiples qui gangrènent la relation à une clientèle encore trop souvent captive», ajoutant qu’il «serait trop facile de stigmatiser la profession de CGPI alors que l’ensemble du système de distribution est à rebâtir». Autrement dit, les grands réseaux sont restés jusqu’ici trop facilement sur la touche.
Mais on a beau signer de tels propos un 1er avril, l’humeur n’est pas à la plaisanterie sur un sujet qui engage l’avenir de nombreux conseillers. A leur décharge, l’épée de Damoclès pesant sur une partie essentielle de leurs revenus se balance au-dessus des têtes depuis un temps que l’on peut juger incommensurable. Et ce ne sont pas les allers‑retours sur la directive MIFII qui peuvent à ce stade calmer les esprits. Ce que l’on sait avec certitude, c’est que l’échéance se rapproche puisqu’elle se profile au début 2017 (lire notre dernière édition, p. 44). Mais encore reste-t-il à définir, dans le cadre des discussions dites «de niveau 2» de la directive, les problématiques relatives aux politiques de rémunération et à la définition du conseil indépendant… Ni plus, ni moins.
Bref, entre les lignes de conduite d’inspiration européenne et l’autorisation partielle de régimes nationaux spécifiques, nous ne sommes pas près d’y voir vraiment clair, et il est à espérer que l’épargnant ait le sens des nuances. Mais nos autorités ne considèrent-elles pas qu’il en est largement pourvu ? La –longue– révision de la directive sur l’intermédiation en assurance en atteste et, non contente de son millefeuille de réglementations, l’Europe vient de conclure un accord sur les informations clés devant accompagner tout produit d’investissement…, à l’exception d’une kyrielle d’entre eux que nous nous faisons un plaisir de vous épargner.
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