Sell in (Theresa) May and go away…
Déconsidérée la politique et ses représentants ? Allons donc! A l’aube de ce troisième trimestre 2016, ce facteur exogène dans le monde de l’économie a clairement la main. Et probablement pour de longs mois. Car nous sommes citoyens du monde, et la France n’est qu’un village. C’est ainsi que les échéances électorales vont se succéder aux quatre coins du globe et influencer directement les marchés. Et donc l’évolution de notre épargne investie sur les places financières, en proie à des accès de forte volatilité.
Bien évidemment, on pense en premier lieu à l’élection du président des Etats-Unis. Les deux candidats sont dits « clivants». Beaucoup considèrent surtout que, d’Hillary Clinton ou de Donald Trump, c’est le moins détesté qui accédera à la Maison blanche. Avec un tel scénario, il est clair que les marchés vont se montrer nerveux. Et ce même s’ils ont une petite préférence pour la démocrate, en tête des sondages actuellement.
Beaucoup plus près de nous, quelques jours plus tard, le périlleux référendum transalpin du début du mois de décembre risque de faire bouger sinon les lignes, du moins les courbes des places financières de la zone euro tant Matteo Renzi, le président du conseil italien, joue gros avec son projet de réforme constitutionnelle, préalable nécessaire aux réformes structurelles –qu’un autre Italien à Francfort appelle de ses vœux.
Quelques mois plus tard, l’élection présidentielle en France se montre sur le papier moins risquée. Sauf exception, on évoquera plus des inflexions nettes sur le plan économique que de véritables ruptures d’un candidat à l’autre.
Pour les ruptures, il faudra simplement traverser la Manche. Mais là, plus d’échéances couperet –hormis l’article 50 du traité européen qui doit être utilisé avant mars 2017 pour procéder au désarrimage officielle de la Grande Bretagne de l’Union européenne. Pour des raisons politiques, le « hard Brexit » a la cote pour le Premier ministre Theresa May, quand bien même il affole la City, fait plonger la livre sterling, écorne le pouvoir d’achat des Britanniques en Europe continentale et, depuis peu, au vu de l’évolution des taux, renchérit sensiblement le coût de la préparation à la retraite des insulaires. Si l’on ajoute que concomitamment, le Royaume-Uni, en dépit du dynamisme de son économie, vient de perdre le titre de cinquième puissance mondiale au profit de la France, l’herbe risque de ne pas être plus verte avant longtemps chez nos voisins outre-Manche. Un comble pour un pays qui revendique les plus beaux gazons du monde !
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