Les conseils du géant des robo-advisors Betterment aux fintechs françaises
(Traduction de l’interview tournée à l’occasion du Forum Fintech Revolution à la Gaîté Lyrique)
Pour avoir une vue d’ensemble de votre activité, pouvez-vous nous communiquer le total de vos actifs sous gestion et la moyenne par client?
- Betterment gère aujourd’hui un peu plus de 8 milliards de dollars et nous le faisons pour environ 225.000 clients(environ 35.000 dollars par client en moyenne, la société ne communique pas sur sa rentabilité ni sur la répartition des profils de risques sur sa plateformeNDLR). La moyenne d’âge des clients est de 36 ans,il s’agit le plus souvent d’hommes.
Votre modèleimplique de plus en plus de conseil humain. Votre offre lancée récemment autoriseaux clientsqui investissent plus de 250.000 dollars chez vous un conseil humain illimité, à l’inverse de l’offre digitale, sansconseil et avec des frais moins élevés. Pensez-vous que l’avenir des robo-advisors passe forcément par le premier modèle?
- Je pense qu’il s’agit d’un mélangeentre les deux. Lalarge majorité de nos 225.000 clients sontravis de l’offre purement digitale. Mais avec le temps, certains clients évoluent,ont besoin de changement et surtout deconseil humain. La mise sur le marché de cette offre hybride permetsurtout de satisfaire les besoins des clients quels qu’ils soient. Nous continuerons sans doute à voir la plus grande partie des clients souscrire à l’offre digitale robotisée. Mais dans le même temps, nous ouvrir à certains clients qui voudront avoir accès à du conseil humain.
C’est donc le secret de votrecroissance? Proposer de plus en plusde conseil humain à des clients prêts àpayer cher pour cela?
- Effectivement, les frais ne sont pas les mêmes pour l’offre de conseil humain(0,50% par an pour l’offre premium contre 0,25% pour l’offre purement digitale, NDLR). Cela nous ouvre également les portes à une nouvelle catégorie de clients: ceux qui n’ont connujusqu’à présent qu’une relation traditionnelle à la gestion. Avec nous, ilspourront obtenir le même type de service, à savoir un conseiller qu’ils pourront joindre à leur guise.
Vous envisagez donc de concurrencer de plus en plus directement les gestionnaires de fortune?
- Oui je le pense. Nousvoyons notre offre comme une très grande opportunité. Nous observons des clients plus âgés affluer progressivement sur les plates-formes de robo-advisors, des clients aux revenus plus élevés dont les comptes peuvent dépasser les 10 millions de dollars. Il y aune évolution claire sur les clients qui viennent sur notre plate-forme. D’ailleurs, à terme, nous comptons prendre des mesures plus «agressives» sur ce segment de clientèle plus traditionnel.
Connaissez-vous l’écosystème français des robo-advisors et que pensez-vous de ces fintechs, plus jeunes que la vôtre?
- En France, ces fintechs sont à un stade encore jeune effectivement. Lorsque nous avons démarré aux Etats-Unis il y a sept ans, il s’agissait d’un nouveau produit sur le marché. Il faut du temps à la base de consommateurs pour accepter de voir leur argent géré en ligne. Cela n’arrivera donc pas du jour au lendemain, je conseille à ces entreprises d'être patientes. Concernant notre expansion internationale, nous avons examiné plusieurs opportunités mais nous avons décidé d’attendre. Le marché américain est encore incroyablement large.
La France fait-elle partie de vosdébouchéspotentiels?
- Je pense que c’est le cas. Mais cela n’arrivera pas dans un avenir proche. Où que les clients soient, ils veulent de meilleurs outils, de meilleurs conseils, plus de transparence dans les services financiers. Donc un jour peut-être en France. Mais pas de sitôt.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT
Réinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface. -
PARTENARIAT« Il faut connecter la data, les métiers et l’intelligence artificielle »
Entretien avec Raphaël Savy, Regional Vice-Président Europe du sud d’Alteryx. -
Deepah Colombel (Crédit Agricole Assurances) : « Il n’y a pas de risque systémique en cours sur la dette privée »
La responsable de l’investissement en dette privée chez Crédit Agricole Assurances revient sur la crise qui entoure certains fonds de dette privée aux Etats-Unis. -
PARTENARIAT« Dans le secteur bancaire, les systèmes cloud pourront répondre aux nouvelles exigences de marché »
Entretien avec Camille de Mari, Directeur Issuing Data Solutions de Visa, pour la France, la Belgique et le Luxembourg.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- SCPI : une nouvelle solution de marché secondaire mise sur l'analyse des portefeuilles
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
- Le chômage atteint un plus haut de cinq ans en France, l'inflation est confirmée à 2,2%
- Cleos Gestion Privée vise 10 millions d’euros d’actifs conseillés d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
SuccessionAssistanat, primaire de droite élargie... Comment Sarah Knafo réécrit le zemmourisme
Nouvelle rhétorique, image policée, l'eurodéputée se veut une version plus fréquentable de son mentor et compagnon. Au risque d’alimenter des soupçons jusque dans son propre camp -
Le pape Léon XIV se rendra en France du 25 au 28 septembre prochain pour une visite d’Etat
Selon les informations du Monde, Léon XIV devrait se rendre à Lourdes en plus de Paris. La visite d’un troisième lieu est envisagée. Il s’agira du premier vrai voyage d’État d’un pape en France depuis le dernier séjour de Benoît XVI en 2008 -
Profil basProjet de loi sur la justice criminelle : mouvements féministes et avocats font reculer Gérald Darmanin
Le garde des Sceaux est prêt à amputer son texte de sa mesure-phare, le plaider-coupable criminel pour les viols