Gouvernement : Les cordons de la bourse basculent à droite
Les Républicains Bruno Le Maire et Gerald Darmanin ont été respectivement nommés ministres de l’Economie et des Comptes publics. Ils seront en charge de l’application du programme d’Emmanuel Macron, a rappelé Matignon.
Bruno Le Maire, former French agriculture minister, right, looks on from the audience during the MEDEF business conference in Jouy-en-Josas, France, on Wednesday, Aug. 31, 2016. The MEDEF Summer University, also known as Mouvement des Entreprises de France, is a meeting of politicians and executives, held annually. Photographer: Jasper Juinen/Bloomberg
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BBG
Le signal de rigueur (au-delà du signal politique) est on ne peut plus clair. Le président de la République Emmanuel Macron et son Premier ministre Edouard Philippe ont décidé de confier les rênes de Bercy au duoBruno Le Maire et Gérald Darmanin, deux ministres issus des rangs des Républicains.Le premier devient ministre de l’Economie, et le secondministre de l’action et des comptes publics.
Sur la table de ces deux membres du gouvernement, une feuille de route très ambitieuse. Au rang des priorités très chaudes, la décision de la Cour de justice de l’Union européenne qui vient de censurer la taxe à 3% sur les dividendes, un coup dur pour le gouvernement puisque cette taxe va représenter un manque à gagner pour la France de 2 milliards d’euros par an. Mais aussi l’instauration du prélèvement à la source dont l’avenir semble très flou pour le momentavec un audit programmé et un retrait potentiel.
Côté programme d’Emmanuel Macron, plusieurs réformes de la fiscalité sont prévues, des réformes pas forcément soutenues par Bruno Le Maire à l’origine. Sur le cantonnement de l’Impôt sur la fortune (ISF) à la rente immobilière, Bruno Le Maire souhaitait à l’origine supprimer purement et simplement cet impôt. Sur la hausse de la CSG, Le Maire voulait à l’origine la baisser... Sur les 120.000 postes de fonctionnaires à supprimer, Le Maire voulait en supprimer 500.000... Cela-dit, sur le CICE transformé en baisse de charges ou la baisse de l’Impôt sur les sociétés, leurs vues se rapprochent. Le dossier de l’uniformisation du taux de prélèvement forfaitaire à 30% sur les revenus du capital mobilier sera également un fort enjeu du quinquennat face à des assureurs qui ont déjà manifesté leurs inquiétudessur le volet assurance vie.
Car bien que le ministère de l’Economie ait basculé à droite, le programme appliqué sera bien celui défendu par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. «Le coeur [de l’action gouvernementale], c’est évidemment son programme, le coeur ce sont évidemment ses engagements», a affirmé Edouard Philippe jeudi matin chez nos confrères de France Inter, précisant qu’une «forme de souplesse et d’intelligence et de discussion sera au centre de ce programme».
Normalien, agrégé de lettres modernes et énarque, Bruno Le Maire a été directeur de cabinet de Dominique de Villepin entre 2006 et 2007 puis élu député pour l’UMP dans le département de l’Eure à cette date.Il occupe ensuite les fonctions de secrétaire d’Etat aux affaires européennes de 2008 à 2009, puis de ministre de l’Agriculture pendant près de trois ans au sein des deuxième et troisième gouvernements de François Fillon. Il est de nouveau élu député en 2012 et brigue sans succès la présidence de l’UMP en 2014 face à Nicolas Sarkozy. Il se présente à la primaire de droite et du centre en vue de l'élection présidentielle de 2017, mais ne parvient pas à se qualifier au second tour, ne totalisant que 2,4 % des voix.
Gérald Darmanin est membre du parti Les Républicains, maire de Tourcoing depuis 2014. Il a été député de la 10ème circonscription du Nord entre 2012 et 2016. Le 28 janvier 2016, après avoir été élu vice-président de la région Hauts-de-France, il démissionne de l’Assemblée nationale. Il est connu pour ses différentes prises de positions notamment en faveur de l’abrogation de la loi sur le mariage pour tous.
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