Entre éducation financière et valeur du conseil, quelle est la bonne stratégie?
Les participants s’accordent pour dire que l’épargne doit être mobilisée au service de l’économie productive et de l’innovation des entreprises. Or, la France connaît un sous-développement du financement par actions. Les Français ont thésaurisé près de 2.4000 milliards d’euros pour constituer une épargne bancaire de précaution mais improductive, orientée majoritairement vers une économie d’endettement, comme le souligne le succès des obligations souveraines ou du Livret A. Les épargnants sont réticents dès lors qu’il faut soumettre leurs économies aux règles du marché et éprouvent une réelle aversion au risque. Selon Denis Kessler,président-directeur général du groupe Scor, «il est impératif de ressusciter la culture du risquechez les épargnants et de réorienter leur épargnevers des produits d’actions bénéficiant d’une fiscalité attractive dès lors qu’ils s’inscrivent sur un horizon long terme».
La solution repose notamment sur l’éducation financière des épargnants et sur la valeur des conseils des professionnels qui les accompagnent.
Le manque de connaissances financières des clients est indéniable et le rôle des conseillers est primordial pour les aider à acquérir les bons réflexes d’allocation de leurs actifs (diversification, degré de liquidité, horizons de placements, analyses des frais …). Selon les derniers chiffres publiés par l’AMF, 6 Français sur 10 estiment mal s’y retrouver parmi les produits d'épargne. L’environnement des taux bas brouille les repères des épargnants en recherche de performance.
Pour les établissements financiers, la qualité de la relation clientèle est un véritable enjeu pour développer la confiance des investisseurs, leur compréhension des produits et une meilleure appréhension du couple rendement-risque.
La campagne de visites mystères menée par l’AMF au dernier trimestre 2015 a souligné la dégradation du degré de la connaissance clients et un questionnement encore insuffisant dès lors qu’il est question de l’appétence au risque ou des connaissances financières des investisseurs. Si les propositions commerciales offrent un éventail de produits plus important que par le passé et privilégient l’assurance vie en unités de compte, l’enquête de l’AMF révèle que l’offre faite aux jeunes actifs demeure très prudente et trop peu prospective.
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