C’est l’un des rendez-vous phares des conseillers indépendants. Après l’Anacofi il y a quelques semaines, c’est au tour de la Chambre des indépendants du patrimoine de tenir son congrès, les 12 et 13 mai. C’est dans un climat apaisé, ou perçu comme tel, que se déroulent ces événements. Les effets des vagues de crises, depuis 2008, paraissent s’estomper. C’est l’un des enseignements de l’enquête annuelle menée par L’Agefi sur cette profession(1): ils ne sont plus que 7 % à en juger les conséquences « très importantes », moitié moins qu’il y a un an, et la qualification « importantes » revient chez 39 % d’entre eux, contre 45 % auparavant.
Ne nous faisons pas d’illusions, des cicatrices et des tournants opérationnels ont été vécus et continueront de l’être, il suffit pour s’en persuader de discuter avec les intéressés dans les régions. Mais un maître mot semble caractériser les CGPI, c’est celui d’adaptabilité. Fort heureusement d’ailleurs, au regard de leur histoire récente. 82 % considèrent que l’accumulation de règles de plus en plus contraignantes fait partie de leurs principaux défis, les versions 2 des directives européennes sur les vecteurs d’investissement étant là pour faire perdurer cette préoccupation.
Mais d’une part cela n’empêche pas une perspective dynamique, avec 54 % priorisant la croissance du cabinet et 46 % l’acquisition de nouveaux clients. Et d’autre part, sur le sujet très épineux du commissionnement (lire notre précédent éditorial), ils sont 64 % à vouloir conserver ce mode de rémunération, quitte, sur l’autel de la directive MIF, à devoir renoncer au « i » de l’indépendance. Si ce n’est pas de l’adaptabilité, c’est en tout cas du pragmatisme, ce que confirme notre enquête menée auprès d’eux (lire p. 8).
« Méconnue du grand public, atomisée, hétérogène, la profession ne peut plus faire l’impasse sur les notions d’efficacité, de productivité, de rationalisation, de diversification, ni ignorer les nouvelles technologies de l’information… », résumait une étude de début mars du cabinet Xerfi-Precepta, soulignant en creux les vecteurs de performance sur lesquels beaucoup devront s’appuyer. Au niveau des structures comme de leurs instances représentatives, l’union pourrait faire la force. Mais n’est-ce pas le propre de ces conseillers d’un autre type que de ne pas particulièrement apprécier les chemins trop balisés, même si tous doivent mener vers leur atout phare, la proximité ?
(1) Pour plus de renseignements sur l’enquête, contacter Anaïs Dos Santos : adossantos@agefi.fr.
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