Actualisation du dispositif pour les professionnels de l’immobilier
La mise à jour des normes interprétatives du dispositif LCB-FT était attendue par les professionnels de l’immobilier. Depuis 2010 et malgré plusieurs modifications législatives et règlementaires, en particulier la transposition de la 4ème directive européenne anti-blanchiment de 2015, les lignes directives n’avaient pas été actualisées alors que le périmètre des professionnels concernés avait été élargi à deux reprises pour intégrer, en 2014, les syndics de copropriété et, en 2016, la location.
Explicitant les textes en vigueur et apportant un éclairage aux professionnels sur leurs obligations de vigilance et de déclaration quant au dispositif LCB-FT, elles ont «vocation à amplifier la mobilisation des professionnels du secteur immobilier». Avec cette actualisation, l’administration anticipe l’évaluation du dispositif français par le Groupe d’action financière (GAFI), un organisme intergouvernemental qui a pour objectif l’élaboration des normes et la promotion de l’application de mesures législatives, réglementaires et opérationnelles en matière LCB-FT, prévue en 2020. Ces lignes directrices précisent notamment le statut de la déclaration de soupçon et présentent les missions spécifiques de Tracfin, de la DGCCRF, et de la Comission nationale des sanctions (CNS).
En pratique, malgré le caractère sensible du secteur immobilier qui constitue un «vecteur privilégié de blanchiment», selon Tracfin et la DGCCRF, les déclarations de soupçons, qui sont passées de 84 en 2016 à 178 en 2017, ne permettent pas de considérer les professionnels comme suffisamment impliqués dans la LCB-FT. L’administration appelle à un investissement plus fort, notamment pour la formation et la diffusion de l’information. Les objectifs affirmés de la mise à jour sont la sensibilisation des professionnels et l’amélioration de la qualité des déclarations de soupçons.
Tracfin et la DGCCRF rappellent par ailleurs que les lignes directrices permettent à chaque professionnel d'établir une cartographie des risques propre à son secteur et d’évaluer avec pertinence les situations où un doute sur la licéité d’une opération est légitime. Pour le secteur immobilier, parmi les critères d’alerte, l’administration évoque notamment les cas de discordance entre le profil du client et la valeur du bien objet de l’opération, les montages anormalement complexes au regard de l’opération envisagée, le comportement insolite ou atypique du client ou encore la connivence supposée entre le vendeur et l’acquéreur.
L’actualisation des lignes directrices LCB-FT est également l’occasion de rappeler aux professionnels qu’ils peuvent saisir les formulaires de déclaration et les envoyer à Tracfin via le portail electronique ERMES.
Plus d'articles du même thème
-
Holcim va céder le contrôle de sa filiale philippine à un groupe chinois
La transaction, qui s’effectuera en deux étapes, valorise au total ces activités à plus de 807 millions de dollars. -
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- BNP Paribas et Natixis vendent l’éditeur de logiciels SLIB à Objectway
- Les CGP sont fixés sur les règles du conseil en cryptoactifs
- Le CME relance les futures sur actions individuelles pour séduire les particuliers
- Bain Capital et Carlyle se disputent le contrôle du gestionnaire américain Wealth Enhancement
- Forum Immobilier & Finance 2026 : un frémissement prometteur pour le marché ?
Contenu de nos partenaires
-
Mur des lamentationsEmmanuel Macron, le « doudou » et les « pleureuses »
Entre 2012 et 2014, François Hollande ironisait sur les « pleureuses » (les patrons) qui venaient se lamenter dans le bureau de leur « doudou » ( Emmanuel Macron) -
Come backPrésidentielle : comment Hollande drague à son tour les patrons
Depuis quelques mois, l'ex-président honni rencontre de nombreux chefs d'entreprise qui prennent en considération son futur programme. Ce n'est pas de l'amour, mais de l'intérêt bien compris -
EditoImmigration : il y aura un avant et un après Ceuta
Cette crise a valeur de test pour l'Europe mais aussi pour les candidats de gauche et de droite à la présidentielle