Réponse constitutionnelle sur la charge des enfants en cas de séparation
Le Conseil constitutionnel a été saisi le 1er octobre 2018 par le Conseil d’Etat d’une question prioritaire de constitutionnalité, portant sur le cinquième alinéa du paragraphe I de l’article 194 du Code général des impôts. Ce dernier prévoit qu’en cas de «résidence alternée au domicile de chacun des parents et sauf disposition contraire dans la convention homologuée par le juge, la décision judiciaire ou, le cas échéant, l’accord entre les parents, les enfants mineurs sont réputés être à la charge égale de l’un et de l’autre parent. Cette présomption peut être écartée s’il est justifié que l’un d’entre eux assume la charge principale des enfants ».
Le requérant soutient que cette disposition institue «une différence de traitement entre les contribuables accueillant leur enfant mineur en résidence alternée et contribuant, en sus, à la prise en charge de ses besoins lorsqu’il réside chez l’autre parent». En effet, elle empêche «dans un tel cas, qu’il soit tenu compte du versement d’une pension alimentaire pour écarter la présomption de charge égale instituée par la loi et obtenir l’attribution de l’intégralité de la majoration de quotient familial à laquelle l’enfant ouvre droit». Elle traiterait «donc différemment les parents suivant que leur participation à la charge d’entretien de l’enfant est effectuée sous la forme d’une pension alimentaire ou d’une contribution n’en ayant pas le caractère». «Cette différence de traitement serait aggravée du fait de l’absence de déductibilité de la pension alimentaire pour la détermination du revenu imposable», poursuit le requérant.
Dans sa décision n°2018-753 QPC du 14 décembre 2018, le Conseil constitutionnel estime que cette mesure ne méconnait pas le principe d’égalité devant les charges publiques et d’égalité devant la loi, et la déclare donc conforme à la Constitution. Il rappelle notamment qu’«en excluant cette pension alimentaire pour apprécier si l’un des parents assume la charge principale de l’enfant, le législateur a entendu tenir compte de ce que cette pension opère un transfert de revenus dans le but de permettre au parent qui la reçoit de faire face aux besoins de l’enfant pour la charge qui lui incombe». Par ailleurs, «si le parent d’un enfant en résidence alternée ne peut pas déduire de ses revenus imposables la pension alimentaire qu’il verse, il bénéficie en tout état de cause de la moitié de la majoration de quotient familial». Enfin, «la convention de divorce homologuée par le juge, la décision judiciaire ou, le cas échéant, l’accord entre les parents peuvent retenir une autre répartition que, celle, de principe, retenue par la loi».
Plus d'articles du même thème
-
CI GAM finalise l’acquisition des fonds canadiens d’Invesco
Le gestionnaire d’actifs canadien CI Global Asset Management a finalisé le rachat des fonds d’investissement canadiens de son homologue américain Invesco. L’opération, annoncée à la mi-janvier 2026, couvre 98 fonds mutuels et ETF précédemment distribués par Invesco Canada pour un montant de 27 milliards de dollars canadiens (16,7 milliards d’euros). -
Covéa Finance adhère aux Principes pour l'investissement responsable
La société de gestion du groupe Covéa, Covéa Finance, a adhéré aux Principes pour l’investissement responsable (PRI) des Nations Unies, a annoncé l’entreprise fin mai. -
Invesco dévoile deux nouveaux ETF actifs Ucits
Les deux stratégies sont exposées aux marchés des obligations d’entreprise investment grade.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Le dispositif Jeanbrun doit être appréhendé comme un outil de transmission
- Baloise Vie Luxembourg franchit le milliard de collecte et change de braquet
- En France, l'inflation accélère et la croissance tombe dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Violences après le sacre européen du PSG : Lecornu veut faire payer « celui qui détruit »
Mardi 2 juin, Sébastien Lecornu a dénoncé les débordements survenus après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. « Un auteur d'un acte de violence ou de dégradation doit pouvoir réparer », a affirmé le Premier ministre à l'Assemblée nationale -
BasculeImmigration : le grand tour de vis européen
Le Parlement européen et les Vingt-Sept se sont mis d’accord sur un texte ouvrant la voie aux centres de rétention à l’étranger et à un allongement des périodes maximales de rétention -
Ne nous fâchons pasL'harmonie Trump-Netanyahu à l'épreuve de la guerre en Iran
Depuis le début de la guerre en Iran, Donald Trump et Benjamin Netanyahu affichent une alliance sans faille. Mais les ambitions contraires des deux dirigeants, l'impopularité croissante d'Israël et la personnalité du Premier ministre fragilisent cette relation spéciale