« Pour les français résidents en Suisse le projet d’abolition des forfaits s’inscrit dans un contexte particulier »
La question de la remise en cause des forfaits fiscaux en Suisse, au double niveau fédéral et cantonal, fera l’objet d’un vote le 30 novembre prochain. Elle pourrait avoir des conséquences importantes notamment pour les cantons de Vaud, du Valais et particulièrement de Genève.
La faveur des sondages. Pour mémoire, une initiative populaire demande la suppression de l’imposition d’après la dépense.
L’objectif recherché : imposer les ressortissants étrangers qui vivent en Suisse mais n’y exercent pas d’activité lucrative sur la base de leur revenu et de leur fortune et non plus sur la base d’une assiette calculée selon les dépenses de leur train de vie.
Selon les derniers sondages, il est probable que cette initiative soit rejetée dans les cantons de Vaud et du Valais mais pourrait être accueillie favorablement à Genève ainsi qu’au niveau fédéral.
En cas de vote favorable, cette suppression entrerait en vigueur au niveau cantonal dès le 1er janvier 2015 mais seulement au terme d’un délai de trois ans au niveau fédéral, soit au 1er janvier 2018. La part fédérale représente environ un tiers de l’imposition totale et la part cantonale, les deux tiers restants (et inclus l’impôt sur la fortune).
En pratique, selon le résultat du vote cantonale, certains contribuables pourraient donc encore bénéficier de l’imposition d’après la dépense pendant trois ans.
Une concurrence entre cantons. Passé ce délai, ils se retrouveront imposés sur une base d’imposition élevée sur leurs revenus et fortune mondiaux.
Compte tenu des niveaux d’imposition sur le revenu (taux marginal de 46%) et sur la fortune (jusqu’à 1% sans aucune exonération possible) certains contribuables installés en Suisse s’interrogent sur l’éventualité d’un départ vers un autre canton.
Une concurrence fiscale entre les cantons risque donc de s’instaurer puisqu’en cas de déménagement dans un canton qui aurait voté contre l’abolition de l’imposition d’après la dépense, un contribuable pourrait encore bénéficier d’une imposition d’après la dépense pendant trois ans tant au niveau fédéral que cantonal.
Un contexte particulier. Pour les français résidents en Suisse, cette initiative s’inscrit dans un contexte particulier dans la mesure où l’attrait fiscal de la Suisse s’amenuise sensiblement: dénonciation de la convention successorale par la France en juin, autre initiative populaire en faveur de l’imposition des successions au niveau fédéral au taux unique de 20 % sur les successions et les donations de plus de 2 millions CHF.
Actuellement, l’imposition des donations et successions relève purement de la compétence cantonale et n’excède pas 6% en ligne direct pour les taux les plus élevés. Ce projet dénommé « Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS (réforme de la fiscalité successorale) » pourrait être soumis au vote en 2015 ou 2016.
Un retour en France, une bonne option ? Dans ce contexte, un retour en France (voire une installation en France pour des citoyens suisses) pourrait être une bonne option, compte tenu du mécanisme du plafonnement de l’ISF, de l’exonération des biens professionnels, du régime ISF des impatriés et des exonérations partielles en matière d’ISF et de droits de donation et succession, lorsqu’un pacte Dutreil peut être conclu.
Il est cependant difficile de convaincre certains de l’opportunité d’une installation en France en raison de la forte instabilité fiscale que nous connaissons depuis quelques années.
Plus d'articles du même thème
-
Bridgepoint dépasse son objectif pour son fonds de prêt direct
Bridgepoint Direct Lending IV totalise 5,1 milliards d’euros dont 40 % ont déjà été investis, malgré les doutes qui planent encore sur le secteur de la dette privée. -
HSBC récolte les fruits de sa stratégie en Asie
Malgré son exposition au crédit privé, la banque britannique a publié des résultats semestriels en forte hausse par rapport à l’exercice précédent, la confortant dans sa stratégie et dans l’atteinte de ses objectifs annuels. Un programme de rachat d’actions d’un milliard de dollars a été annoncé. -
Pierre Pelouzet rempile à la médiation des entreprises
La continuité est privilégiée pour cette institution qui accompagne les entreprises dans le règlement amiable de leurs différends.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
First Trust et Global X ETFs rejoignent la course aux ETF spatiaux
Contenu de nos partenaires
-
Série 16/28Livres politiques : les secrets (et les clichés) derrière le choix des titres
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Menaces« Cette attaque n’est qu’un avant-goût » : Raphaël Glucksmann et Léa Salamé victimes d’une campagne de désinformation russe
Après un faux article évoquant un « complot » en faveur de sa candidature à l’élection présidentielle, l’eurodéputé dénonce une « opération russe (...) identifiée, tracée, attribuée ». -
Qui est Isabel Peralta, figure du néonazisme espagnol ?
Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, la jeune femme exécute un salut nazi devant l'ambassade du Maroc à Madrid, en pleine crise entre les deux pays après les événements à Ceuta