Mifid II inquiète les gestionnaires d’actifs
Son entrée en vigueur n’est prévue que pour janvier 2018, mais la réglementation européenne Mifid 2 inquiète depuis longtemps les sociétés de gestion et les hedge funds. Selon une enquête publiée hier par State Street Corporation (1), 73% des gérants d’actifs se déclarent en effet préoccupés par les difficultés que soulève Mifid II. Et pour cause. Conçue pour renforcer la protection des investisseurs, cette réglementation prévoit toute une série de nouvelles exigences en matière de communication sur les coûts et les frais, de nouvelles conditions pour la conception et la distribution d’instruments financiers, ainsi que des contraintes de transparence pré et post-trade pour différents types d’actifs (actions, titres apparentés et autres titres). Or, 59% des personnes intéressées et 77% des gérants de hedge funds estiment que la transparence des transactions pré/post trade aura de fortes répercussions sur leur entreprise.
«Le niveau de reporting exigé représente un engagement majeur en termes de données et les outils qui facilitent cette tâche suscitent un intérêt croissant chez nos clients, indique Kim Newell-Chebator, directrice EMEA chez State Street Global Markets. Mifid II accompagne également une transition vers les plates-formes électroniques. Si cette évolution est bienvenue à l’heure de la modernisation des échanges boursiers, les plates-formes de négociation devront s’assurer qu’elles disposent de protections et de systèmes efficaces pour demeurer conformes sous contrôle.»
Avant même son entrée en vigueur, la directive affecte déjà sensiblement les sociétés de gestion. Ainsi, 78% des participants à l’enquête ont enregistré une augmentation du temps consacré aux discussions réglementaires avec la direction et les conseils d’administration. L’enquête pointe également du doigt le besoin criant de conseils de qualité. 76% des sondés notent que des démarches éducatives aideraient à mieux préparer leur entreprise sur les changements à mettre en œuvre. Enfin, 60% des participants estiment que de meilleurs outils de traitement et d’analyse des données les aideraient à surmonter les difficultés liées à la mise en œuvre des évolutions réglementaires dans un environnement de plus en plus complexe.
(1) L’enquête « Pulse » sur le degré de préparation réglementaire a été menée en août 2016 par Oxford Economics pour le compte de State Street auprès de 100 participants dans le monde, y compris 50 hedge funds et 50 gérants d’actifs.
Plus d'articles du même thème
-
Le dollar demeure une valeur refuge
Retrouvez comme chaque semaine le chronique de DeftHedge sur le marché des changes. -
Intesa Sanpaolo relève de 800 millions d’euros son offre sur MPS
La première banque italienne avertit qu’elle retirera sa nouvelle proposition si les actionnaires de sa cible approuvent fin octobre le projet alternatif présenté par ses dirigeants. -
Le choc sur les taux préoccupe les gérants crédit
Le Panel Crédit de L’Agefi se montre d’autant plus prudent sur les spreads, ce mois-ci, que la forte hausse des taux souverains commence à avoir un impact qui incite à la sélectivité.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
Contenu de nos partenaires
-
DivanLycées, dette, budget : la France au bord du burn-out
L'accumulation inédite de crises intenses est révélatrice de l'attitude des Français face à l'école, au travail, à la politique, et à un modèle social qui n'a plus les moyens -
EditorialLycéens, actifs, retraités : la guerre des trois aura-t-elle lieu ?
Rien de ressoude plus une société divisée qu’un ennemi commun. Or, cet ennemi existe : c’est la dette ! -
Passage en caisseLycées bloqués et émeutes : qui va payer la casse ?
Le mouvement lycéen entamé le 21 septembre dernier ne faiblit pas et vire souvent aux émeutes urbaines. Face à la casse, collectivités, Etat, régions, et contribuables s'inquiètent de devoir payer la facture