Les questions récurrentes du contribuable pour régulariser des comptes bancaires non déclarés
Eve d’Onorio di Meo est avocate spécialiste en droit fiscal à Marseille. Elle a travaillé la majeure partie de l’année sur la régularisation de comptes bancaires non-déclarés en Suisse - mais aussi dans une proportion moindre au Luxembourg.
Un coût moyen peu élevé. En moyenne, le coût de la régularisation est assez souvent moins élevé que ce que l’on pense. Dans le cadre d’un dossier avec une succession intervenue avant 2007, pour un revenu et un patrimoine moyen, l’addition s’élève environ à 10 % du patrimoine non-déclaré.
Il n’y a pas de cas général et il faut toujours tenir compte du profil du client régularisé.
Par ailleurs, le faible coût de la régularisation peut également s’expliquer par le fait que les années 2008-2011, période visée par la procédure, correspondent à un creux financier particulièrement défavorable pour les épargnants. Les pertes enregistrées compensent bien souvent les plus-values des années 2012-2013.
Pression des banques suisses. Ces derniers mois, la plupart des banquiers étrangers ont vivement incité leurs clients français à régulariser leur situation avec l’administration fiscale française. Ils ont d’ailleurs accéléré ce mouvement dernièrement en enjoignant à ces personnes de régulariser leurs situations fiscales avant le 31 octobre prochain en saisissant la « cellule de régularisation ».
Il s’agit d’ailleurs d’une initiative de Place en ce qu’elle ne correspond pas à une demande spécifique de la part du Service de traitement des déclarations rectificatives (STDR), la cellule française chargée de traiter ces dossiers de régularisation, qui pour l’instant n’a fixée aucune date de limite pour saisir ses services ou encore pour déposer les dossiers complets.
Des informations bancaires satisfaisantes. Les Banques étrangères ont une obligation de conservation des documents bancaires qu’ils ont émis pendant 10 ans. Au-delà de ce délai, il peut arriver que les informations soient introuvables, notamment sur l’origine des fonds.
Face à l’administration fiscale française, cela peut vraiment représenter une difficulté car le client doit justifier de la provenance des fonds et ce, au-delà de la période régularisée avant 2006.
En règle générale, nous parvenons tout de même à obtenir des informations auprès des établissements bancaires étrangers, à l’exception des flux financiers sur les périodes antérieures à 2004.
50 % de l’activité du cabinet en 2014. La régularisation a représenté cette année près de la moitié de l’activité de notre cabinet.
Ce volume important s’explique surtout par la nécessité d’amorcer les dossiers et de stabiliser les relations avec les clients et les banques. Si la phase de préparation demande un travail d’approfondissement certain, notamment en ce qui concerne les justificatifs à recueillir auprès des banques ou des clients, la gestion et le suivi est la plupart du temps confiée à des profils plus juniors.
L’investissement du cabinet dans ces dossiers de régularisation est d’autant plus important que pour les contribuables régularisés dans l’année, il a fallu accompagner ces derniers pour leur déclaration d’IR avec des revenus étrangers et la nécessité de déclarer annuellement les avoirs étrangers.
Plus d'articles du même thème
-
Comment maximiser les atouts du passeport européen
Un contrat d'assurance-vie luxembourgeois qui suit son souscripteur de Paris à Bruxelles, de Madrid à Rome, sans rupture juridique ni perte d'antériorité fiscale : la promesse est séduisante. -
Les transferts patrimoniaux entre époux séparés de biens
Si la séparation de biens garantit en principe une stricte autonomie patrimoniale, la réalité conjugale en brouille souvent les contours avec, à la clé, d'importantes conséquences civiles et fiscales. -
Un bénéficiaire peut en cacher un autre
Lorsque le bénéficiaire désigné meurt avant d’avoir accepté le bénéfice stipulé à son profit, ses droits sont transmis à ses héritiers, sauf manifestation contraire de la volonté du souscripteur.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Les SCPI de Praemia toujours pénalisées par les demandes de retrait
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les investisseurs doutent de l’industrie de défense
- Quatuor veut faire monter en gamme les CGP indépendants
- SCPI : les faits marquants du mois de Juin 2026
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable