Les diplômés notaires en prise avec le Ministère de la Justice
La mise en œuvre de la loi Macron ne se déroulerait pas comme annoncé par Emmanuel Macron, ceci au détriment des diplômés notaires (1).«Il semble que depuis le départ d’Emmanuel Macron du gouvernement, le Ministère de la Justice ait pris les manettes de l’application de cette réforme des notaires, et en lien avec le Conseil supérieur du notariat – une cogestion dénoncée publiquement par Emmanuel Macron –, détricote l’esprit de la loi », avance Jean-Charles Persico, président de l’association Liberté d’installation des diplômés notaires (LIDN), ce dernier s’interrogeant aussi : «Y aurait-il également une volonté de décrédibiliser l’action d’Emmanuel Macron?».
Les diplômés notaires portent un recours devant la justice. Pour les diplômés notaires, la difficulté provient notamment d’un décret de novembre 2016 (2) qui a permis aux société civiles professionnelles (SCP) de notaires en place de détenir plusieurs offices. L’explication donnée par le garde des Sceaux dans un communiqué du 13 décembre dernier n’aura ainsi pas suffi (3). «Les SCP représentent 90% des structures d’exercice de notaires. Cela réduit très fortement les chances pour un diplômé notaire de pouvoir bénéficier d’un office», explique Jean-Charles Persico. Ce dernier a porté un recours de référé-suspension devant le Conseil d’Etat pour voir annuler ce décret. Selon jean-Charles Persico, les juges du Conseil d’Etat auraient demandé au Ministère de la Justice les informations relatives à la nature des candidatures lors de la procédure d’horodatage, à savoir des diplômés notaires ou des notaires en place, mais le garde des Sceaux n’aurait pu fournir qu’un sondage.
Une libéralisation du notariat limitée ? A noter que le recours de l’association LIDN est soutenu par Pierre Thiollet, juriste, qui demande qu’une question prioritaire de constitutionnalité soit portée devant le Conseil constitutionnel. Selon ce dernier, le décret de novembre 2016 relatif aux SCP (2) aurait limité, en permettant la multidétention d’études aux notaires en place, l’objectif de libéralisation souhaité par la loi.
(1) Lire L’Agefi Actifs n°689, p.20 «Notariat: la libéralisation en marche»
(2) Décret n°0262 - JO 10 novembre 2016.
(3) «La grogne des diplômés notaires, la réplique du garde des Sceaux», à lire ici.
Plus d'articles du même thème
-
Le dollar demeure une valeur refuge
Retrouvez comme chaque semaine le chronique de DeftHedge sur le marché des changes. -
Intesa Sanpaolo relève de 800 millions d’euros son offre sur MPS
La première banque italienne avertit qu’elle retirera sa nouvelle proposition si les actionnaires de sa cible approuvent fin octobre le projet alternatif présenté par ses dirigeants. -
Le choc sur les taux préoccupe les gérants crédit
Le Panel Crédit de L’Agefi se montre d’autant plus prudent sur les spreads, ce mois-ci, que la forte hausse des taux souverains commence à avoir un impact qui incite à la sélectivité.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
Contenu de nos partenaires
-
DivanLycées, dette, budget : la France au bord du burn-out
L'accumulation inédite de crises intenses est révélatrice de l'attitude des Français face à l'école, au travail, à la politique, et à un modèle social qui n'a plus les moyens -
EditorialLycéens, actifs, retraités : la guerre des trois aura-t-elle lieu ?
Rien de ressoude plus une société divisée qu’un ennemi commun. Or, cet ennemi existe : c’est la dette ! -
Passage en caisseLycées bloqués et émeutes : qui va payer la casse ?
Le mouvement lycéen entamé le 21 septembre dernier ne faiblit pas et vire souvent aux émeutes urbaines. Face à la casse, collectivités, Etat, régions, et contribuables s'inquiètent de devoir payer la facture