Le gouvernement a décidé jeudi de maintenir à 0,75% la rémunération du Livret A, suivant en cela une recommandation du gouverneur de la Banque de France, en dépit d’un niveau d’inflation qui aurait dû le conduire à le relever d’un quart de point.Dans un communiqué, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, indique que cette décision «prend en compte la diminution de l’inflation (hors tabac) en fin de semestre.»
«Elle est de 0,7% en juin, soit un niveau proche de celui de fin 2016. Par ailleurs, les taux de marché restent extrêmement faibles, voire négatifs pour les maturités les plus courtes.», souligne-t-il, ajoutant : «Le gouvernement a donc décidé de suivre la recommandation du gouverneur de la Banque de France.»Le taux de rémunération du livret A et du livret de développement durable et solidaire (LDDS) est fixé à 0,75%, son plus bas niveau historique, depuis août 2015. Il attire toutefois de très nombreux épargnants : depuis le début de l’année il affiche une collecte nette supérieure au milliard d’euros. Il culmine à 8,58 milliards d’euros de collecte nette depuis le 1er janvier.
Le taux est révisable deux fois par an, en janvier et juillet, en fonction d’une nouvelle formule de calcul qui, comme la précédente, prend en compte les niveaux des taux du marché monétaire et de l’inflation hors tabac mais lissés sur une période de six mois pour éviter les à -coups temporaires.Les premiers restent en territoire négatif du fait de la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne mais le rythme annuel de l’inflation sur les six derniers mois a accéléré à 1,0%, ce qui rendait possible une hausse du taux du livret A à ce niveau.
Dans un communiqué proposant son maintien à 0,75%, le gouverneur de la Banque de France a rappelé qu’il pouvait proposer au gouvernement un taux différent de celui obtenu par la formule de calcul et invoqué le ralentissement de l’inflation depuis le printemps mois pour justifier une dérogation.«L’inflation a diminué en fin de semestre et reste aujourd’hui modérée, à 0,7 % à fin juin, du fait notamment d’un retour d’une tendance à la baisse des prix de l'énergie», a-t-il souligné.Pour Bruno Le Maire, «cette décision maintient l’attractivité du livret A, placement garanti par l’Etat, intégralement défiscalisé et non soumis aux prélèvements sociaux.»
«Le fort niveau de collecte du premier semestre 2017, de 10 milliards d’euros, témoigne de ses atouts et de sa popularité continue auprès des Français» et le maintien du taux du livret A à 0,75% bénéficie également au secteur du logement social, qu’il sert à financer, «contribuant ainsi à l’effort de construction et de rénovation du parc social qui constitue une priorité du gouvernement».
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