Le droit au préavis réduit doit être justifié par le locataire
Une locataire a notifié congé avec un délai de préavis d’un mois. Postérieurement à la résiliation du bail, elle a fait convoquer sa propriétaire devant la juridiction de proximité en restitution du dépôt de garantie ; cette dernière a alors sollicité l’application d’un délai de préavis de trois mois.
Pour condamner la propriétaire à payer à la locataire une somme de 350,14 euros, le jugement de la juridiction de proximité retient que le préavis réduit à un mois ne semble pas pouvoir être contesté, quand bien même le justificatif fourni a été remis tardivement à la propriétaire. La locataire lui avait remis une lettre de la société d’HLM Logiouest, dans laquelle il était indiqué que l’attribution d’un logement par cet organisme « lui donne droit à un préavis d’un mois ».
La Cour de cassation dans un arrêt du 11 avril 2019 (n°18-14256) casse et annule ce jugement. En effet, le locataire qui souhaite bénéficier d’un délai de préavis réduit, comme le prévoit l’article 15 I de la loi du 6 juillet 1989, doit «préciser le motif invoqué et en justifier au moment de l’envoi de la lettre de congé». A défaut, le délai de préavis applicable à ce congé est de trois mois.
Selon cet article, les cas où un locataire peut bénéficier d’un délai de préavis réduit à un mois sont les suivants:
- pour les logements situés en zone tendue;
- en cas d’obtention d’un premier emploi, de mutation, de perte d’emploi ou de nouvel emploi consécutif à une perte d’emploi ;
- pour le locataire dont l'état de santé, constaté par un certificat médical, justifie un changement de domicile ;
- pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active ou de l’allocation adulte handicapé ;
- pour le locataire qui s’est vu attribuer un logement social.
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