Le Conseil d’Etat sanctionne un abus de droit fiscal
A l’issue d’une vérification de comptabilité, l’administration a notifié à la société Lacil, venant aux droits de la société Soboco, des rehaussements d’impôt sur les sociétés et de contributions additionnelles à cet impôt au titre des exercices clos les 31 décembre 1999, 31 décembre 2000 et 31 mai 2001, en raison de la remise en cause, selon la procédure de répression des abus de droit, d’une part, de l’imputation sur ses cotisations d’impôt sur les sociétés d’avoirs fiscaux attachés aux dividendes versés par les sociétés Gasneuil et Sotour Fabien Bismuth et, d’autre part, de l’imputation sur son bénéfice imposable de reports déficitaires trouvant leur origine dans des exercices antérieurs à l’exercice clos le 31 décembre 1999, au cours duquel la société Soboco a acquis la totalité des titres composant le capital de la société Disson et a absorbé cette dernière société.
Le tribunal administratif de Paris a accordé à la société Lacil la décharge de ces cotisations supplémentaires et des pénalités correspondantes par un jugement du 7 juillet 2009. Le ministre chargé du Budget s’est pourvu en cassation contre l’arrêt du 29 juillet 2011 par lequel la cour administrative d’appel de Paris a rejeté son appel dirigé contre ce jugement.
L’administration, faisant application des dispositions précitées de l’article L. 64 du livre des procédures fiscales, a estimé que l’absorption de la société Disson par la société Soboco avait eu pour seul objet, par une application littérale des dispositions du I de l’article 209 du code général des impôts et sans avoir à solliciter l’agrément prévu au II du même article, de faire échapper à l’impôt le bénéfice imposable de la société Disson en le compensant par le déficit reportable de la société Soboco.
«Considérant que par l’arrêt attaqué, la cour administrative d’appel de Paris a estimé que l’administration n’apportait pas la preuve que la fusion-absorption avait été conçue et mise en œuvre à des fins exclusivement fiscales, en relevant que cette opération avait permis une simplification de la gestion comptable et financière des sociétés fusionnées, qu’en l’absence de fusion la société Soboco risquait d'être dissoute et qu’enfin la fusion avait permis à celle-ci de disposer de la trésorerie de la société Disson et d’augmenter de la sorte ses résultats grâce à la rémunération prévue par la convention de trésorerie du groupe». Il ressort toutefois des pièces du dossier soumis aux juges du fond que, «lors de cette fusion, la société Soboco ne disposait plus des moyens humains ou financiers lui permettant d’exercer son activité et qu’elle n’a pu acquérir les parts de la société absorbée qu’avec le concours financier d’une autre filiale du groupe». Le Conseil d’Etat que la cour a entaché son arrêt d’une erreur de qualification juridique en jugeant que les opérations litigieuses n'étaient pas constitutives d’un abus de droit, alors qu’il ressortait des pièces du dossier qui lui était soumis, d’une part, que l’objectif de restructuration était, dans les circonstances rappelées, «dénué de toute portée» et, d’autre part, que «le gain de trésorerie était négligeable et sans commune mesure avec l’avantage fiscal retiré de ces opérations».
En conséquence, l’arrêt du 29 juillet 2011 de la cour administrative d’appel de Paris est annulé en tant qu’il a rejeté l’appel formé par le ministre chargé du budget contre le jugement du 7 juillet 2009 du tribunal administratif de Paris en ce que celui-ci a accordé à la société Lacil, venant aux droits de la société Soboco, la décharge de la cotisation d’impôt sur les sociétés, des contributions additionnelles à cet impôt ainsi que des pénalités correspondantes auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos les 31 décembre 1999, 31 décembre 2000 et 31 mai 2001 en raison de la remise en cause de l’imputation des reports déficitaires de la société Soboco sur le bénéfice imposable de la société Disson. Les impositions mentionnées à l’article 1er sont remises à la charge de la société Garnier Choiseul Holding, venant aux droits des sociétés Lacil et Soboco.
Plus d'articles du même thème
-
Paris cherche à préserver un vernis de crédibilité budgétaire
Pour éviter que les taux s’emballent et ne pèsent encore davantage sur les coûts de financement de la dette, le gouvernement a présenté son budget 2027 avec 43 milliards d’euros d’économies et hausse d'impôts largement réparties, mais préservant les investissements dans la défense. -
Paramount s'ouvre au prix fort la voie à sa mégafusion avec Warner
Paramount a conclu, mercredi 30 septembre, un accord avec douze Etats américains, ouvrant la voie à sa fusion à 110 milliards de dollars âprement négociée avec Warner Bros. Discovery. Il vient aussi de boucler une émission de dette de 52 milliards de dollars. Mais ce rachat lui coûtera bien plus cher que prévu en raison de la hausse des taux d'emprunt. -
Oddo BHF nomme un nouveau directeur général
Gonzague Depouilly rejoint le pôle Corporate Finance, avec un périmètre centré sur l’énergie et la défense.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- BNP Paribas AM lance un fonds obligataire sur la souveraineté européenne
- Le cabinet Cleerly ouvre son comparateur de produits structurés à tous les professionnels
- Ce que change le nouveau mode de facturation d'Airbnb pour les hôtes
Contenu de nos partenaires
-
Spiritueux d'exception : le sacre des métiers d'art
Les premiers crus dévissent, mais dans les chais et les ateliers, maîtres assembleurs, cristalliers et moines façonnent de nouveaux objets de désir. -
Des Michel-Ange pur sucre
Longtemps éclipsés par les chefs cuisiniers, les pâtissiers sont devenus de véritables têtes d'affiche. Une revanche dopée notamment par les réseaux sociaux. -
La relève au bout des doigts
Afin d'assurer la continuité de leurs ateliers, les Maisons de luxe multiplient les initiatives pour transmettre leurs savoir-faire et donner envie aux nouvelles générations de faire carrière avec leurs mains.