L’AFG propose de renforcer l'épargne retraite en France
Il ne s’agissait pas de ranimer la polémique sur les fonds de pension à la française. Stérile ! Non, à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue le 10 janvier, l’Association française de la gestion financière (AFG) tenait surtout à présenter son point de vue et ses propositions à l’approche d’une élection présidentielle où elle compte bien faire valoir ses arguments auprès des différents candidats. Tout en réaffirmant que le système de retraite par répartition constitue bien le fondement même du modèle social et de la solidarité intergénérationnelle en France, l’AFG estime que le dispositif existant doit être dépoussiéré et amélioré.
L’allongement de l’espérance de vie est une bonne nouvelle mais il a entraîné depuis 25 ans des réformes pour adapter le système de retraite français. Des réformes nécessaires et très progressives qui commencent à avoir des impacts négatifs sur les ressources des retraités. Alors que la tendance constatée depuis 30 ans a été l’amélioration du niveau de vie des retraités par rapport à celui des actifs, la tendance va peu à peu s’inverser, constatait le Conseil d’orientation des retraites (COR) dans son rapport de juin 2015.
Dans ce contexte, l’AFG estime qu’il faut se préparer à ces évolution en améliorant les dispositifs de retraite supplémentaire, qui devraient être amplifiés et rendus plus aisément accessibles. Les réflexions sur cette problématique, menées par Philippe Setbon, membre du Comité stratégique et président de la Commission Solutions d'épargne de l’AFG, ont abouti à l'élaboration d’un livre blanc «Epargne Retraite» qui recense les dispositifs actuels et propose donc de les améliorer afin notamment de transformer l'épargne retraite en une épargne réellement longue et adaptée à la durée des projets et de proposer des solutions convenant au plus grand nombre et intéressantes pour les jeunes générations.
L’association professionnelle propose tout d’abord de développer, en cohérence avec le projet européen de Pan European Personal Pension (PEPP), un nouveau produit individuel de retraite à destination d’un public large avec une sortie possible en capital et une fiscalité «à l’endroit» qui ne favoriserait plus l'épargne liquide. Le livre blanc cite sur ce point François Villeroy de Galhau qui reprend l’expression d’un assureur de la Place : «L’assurance vie est intentionnellement longue et contractuellement courte.» L’AFG relève aussi que l’obligation actuelle de sortie en rente des produits individuels Perp, Madelin ou Préfon décourage un certain nombre d'épargnants potentiels. Elle conduit en pratique à une accumulation d'épargne insuffisante et donc à des rentes faibles.
Autre mesure préconisée par l’AFG: le développement de l'épargne retraite d’entreprise et notamment du Perco. Pour donner un coup de pouce au Perco, l’association suggère notamment de réduire, voire de supprimer le forfait social dans la continuité de la loi Macron et d’automatiser les versements sur le Perco.
Troisième voie pour renforcer l'épargne retraite: l’amélioration significative de l’information des Français sur leur future retraite et les moyens offerts pour compléter les régimes par répartition. L’AFG propose ainsi d’avancer l'âge d’information sur les droits à la retraite de 35 à 30 ans et la simulation de 55 à 45 ans, en informant sur l'épargne retraite, de donner aux Français une vision consolidée de leur retraite en prenant en compte les régimes obligatoires et l'épargne retraite, de favoriser la digitalisation de l’information des épargnants et enfin de créer une association de place pour promouvoir l'épargne retraite.
«Ces propositions permettraient aux institutions financières, et aux sociétés de gestion en particulier, de jouer un rôle encore plus efficace de protection des ressources futures des Français et de mobilisation de l'épargne au service du financement de l'économie, de la compétitivité et de l’emploi», conclut l’AFG.
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