Impacts de la déduction des charges financières sur les investissements des entreprises
Le Projet de loi de finances pour 2019, présenté en Conseil des ministres le 24 septembre, propose de transposer dans le droit français la directive européenne ATAD visant à harmoniser les mesures de lutte contre l’optimisation fiscale. Un des sujets qui fera l’objet d’une attention particulière des grandes entreprises est celui de la déductibilité des charges financières. A cet égard, la réforme devrait aboutir au remplacement du dispositif actuel dit du «rabot», interdisant définitivement la déduction de 25 % des charges financières nettes de l’entreprise, par un dispositif qui permettrait un report de la déduction des charges financières nettes excédant 30 % de l’EBITDA fiscal de l’entreprise (ou de 3 millions d’euros si ce montant est plus élevé).
L’articulation de cette réforme avec l’actuel dispositif, qui compte près de six régimes de limitation de déduction des charges financières, soulève un certain nombre d’interrogations.
Concrètement et en l’état du texte, le mécanisme actuel du rabot, qui vise un seuil de limitation calculé sur la base de la globalité des charges financières nettes supportées par l’entreprise, devrait être remplacé par un mécanisme de limitation de la déduction des charges financières nettes des entreprises, à hauteur de 30 % du résultat avant impôts, intérêts, provisions et amortissements (EBITDA) de l’entreprise ou de 3 millions d’euros si ce montant est supérieur.
Si le texte pourra sans doute faire l’objet d’améliorations au cours des débats parlementaires, ce sont surtout les arbitrages effectués qui retiendront l’attention des entreprises concernées et notamment, les modalités de calcul des charges financières nettes soumises à la limitation, la faculté de reporter en avant la déduction des intérêts excédentaires ou la capacité de déduction ou encore les modalités de calcul de l’EBITDA fiscal et du ratio fonds propres / actifs de l’entreprise.
Par ailleurs, les groupes pourront être surpris par une application dès les exercices ouverts en 2019 alors que la transposition n’était attendue que pour 2024. Certains d’entre eux seront sans doute gagnants, en particulier ceux qui étaient impactés par l’actuel rabot et qui pourront désormais bénéficier de la clause de sauvegarde en faveur des groupes consolidés.
Des questions restent en suspens :
- Quelle sera l’étendue du dispositif? Des exonérations sont-elles prévues?
- Quel serait l’impact d’une telle réforme sur les investissementsdes entreprises concernées ?
- Cette réforme va-t-elle avoir un effet sur la compétitivité du secteur financier?
Plus d'articles du même thème
-
PFA échoue à exiger de Meta plus de protection des enfants
A l’occasion de l’assemblée générale annuelle de Meta, le fonds de pension danois a déposé une résolution visant à engager le géant de la tech à faire davantage en matière de protection des enfants sur les réseaux sociaux. La résolution n’a pas fait l’unanimité. -
Princeton revient sur le désinvestissement de ses pétrolières et fixe un objectif net zéro à 2046
Le fonds de dotation de l’université américaine Princeton abandonne le désinvestissement volontaire des sociétés pétrolières et gazières cotées adopté en 2022 et se fixe un horizon à 2046 pour atteindre la neutralité carbone de son portefeuille de 36,4 milliards de dollars. -
Nest alloue 200 millions de livres à une stratégie de dette d'infrastructure liée au climat
Le master trust britannique engage 200 millions de livres sterling dans une stratégie mondiale de crédit orientée vers la transition climatique, avec un pipeline déclaré au Royaume-Uni.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Le dispositif Jeanbrun doit être appréhendé comme un outil de transmission
- Baloise Vie Luxembourg franchit le milliard de collecte et change de braquet
- En France, l'inflation accélère et la croissance tombe dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
ConcurrenceRoberto Vannacci, le caillou dans la chaussure (de droite) de Giorgia Meloni
Avec son parti, l’ancien général séduit des électeurs déçus par la normalisation de la coalition au pouvoir. La Présidente du Conseil est face à un dilemme explosif : l’embarquer ou le laisser prospérer avant les législatives de 2027 -
Emploi ou retraiteCumul emploi-retraite : pourquoi des députés et DRH dénoncent une réforme contre-productive
Alors qu’elle vise à inciter les seniors à rester en emploi, des opposants de plus en plus nombreux à cette réforme affirment qu’elle produira l’effet inverse -
Violences après le sacre européen du PSG : Lecornu veut faire payer « celui qui détruit »
Mardi 2 juin, Sébastien Lecornu a dénoncé les débordements survenus après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. « Un auteur d'un acte de violence ou de dégradation doit pouvoir réparer », a affirmé le Premier ministre à l'Assemblée nationale