DDA: les courtiers en assurance face au défi de la digitalisation
Entrée en vigueur en 2018, la directive sur la distribution d’assurances (DDA)vise à mieux protéger les souscripteurs de contrats d’assurance en obligeant les distributeurs à proposer à leurs clients des produits en adéquation avec leur profil d’investisseur. Ces distributeurs doivent ainsi collecter de nombreux renseignements sur leurs clients afin d’être en mesure de prouver que les produits conseillés sont bien adaptés aux besoins de ces derniers. De même, ces distributeurs, qui sont le plus souvent des courtiersen assurance ou des courtiers-grossistes (réseaux de courtiers), doivent mettre en place des reportings plus réguliers à destination des compagnies d’assurance. Pour répondre à ces objectifs, les professionnels concernés par la réglementation DDA sont ainsi tenus d’utiliser des outils adaptés aux exigences des départements «compliance» (conformité) des compagnies d’assurance. En effet, il est devenu très difficile, voire impossible, de répondre aux exigences de la réglementation DDA sans bénéficier d’un outil digital performant.
Dans ce contexte, les courtierssont incités à utiliser des produits standardisés mis en place par des établissements de plus grande taille (courtiers grossistes ou compagnies d’assurance). Pour les courtiers indépendants, le coût de développement d’un outil en interne pourrait vite se révéler dissuasif alors que le recours à un prestataire extérieur s’impose plus logiquement. L’utilisation d’outils digitaux adaptés permet aux courtiers de gagner un temps précieux, grâce à des formulaires préremplis,des outils de récupération automatiques et d’intégration de données des assureurs. Unebonne gestion de la relation clientintègre,en effet, des algorithmes permettant de croiser les données, deréaliser des tests de correspondance et d’adéquation et d’éditer les rapports obligatoires. Ce processus limite le temps d’attente du client final qui ne comprendrait pas un retardlié à des contraintes réglementaires.
Le coût grandissant de la connaissance du client (KyC)
En outre, cette digitalisation des processus de souscription et du suivi de la relation client facilite la gestion de la connaissance de ce dernier (KyC) sur toute la durée du contrat. En effet, en l’absence d’outil digital performant, le courtier sera contraint de passer un temps considérable pour mettre à jour cette connaissance indispensable du client. LeKyC, qui passe par la vérification de l’identité du client et l’évaluation des risques potentiels liés à l’établissement d’une relation commerciale avec celui-ci, s’avère de plus en plus coûteux et contraignant alors que la réglementation, notamment au sein de l’Union européenne, n’a cessé de se renforcer au cours des dernières années. Enfin, les contrôles de l’ACPR exigent désormais une parfaite traçabilité des démarches obligatoires réalisées par les courtiers vis-à-vis de leurs clients. Par conséquent, la transformation digitale des courtiers n’est plus une option mais une obligation pour qu’ils puissent continuerà exercer sereinement leur métier au cours des prochaines années.
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