Les Français et le Logement : réaction aux dernières tendances
L’Insee vient de publier fin octobre, une étude complète sur le Logement en France et son marché économique. Elle révèle que ce cette classe d’actifs est le “bien capital” dans tous les sens du terme pour les ménages, en même temps bien de consommation par le flux de services qu’il prodigue et élément constitutif essentiel du patrimoine pour les propriétaires. Capital aussi, car représentant plus qu’un quart des dépenses de consommation des ménages en France. C’est enfin un paramètre important pour de nombreux locataires qui influence les choix de localisation, la mobilité, les choix d'épargne.
Par ailleurs, le logement est un marché qui, à l’instar de la consommation, réagit à de nombreux facteurs qui influence son dynamisme ou le refreine : changements des conditions de crédit, des taux d’intérêt, des anticipations de revenus ou encore des facteurs démographiques. Ainsi, peut-on apprendre que la propension à consommer le patrimoine financier est similaire en France, aux États-Unis ou au Royaume-Uni, mais elle est plus faible et même négative pour le patrimoine immobilier. En effet, en France, une hausse des prix immobiliers conduit les ménages non propriétaires à économiser davantage, pour constituer un apport personnel ou en prévision de loyers plus élevés .
L’empilement réglementaire néfaste au marché
L'étude Insee confirme aussi ce que la future loi Elan va résoudre. L’empilement réglementaire dans le domaine immobilier a provoqué une hausse du prix du foncier qui pèse sur le coût de production des logements neufs. En effet, entre 1998 et 2006, rappelons nous que la valeur agrégée des terrains bâtis passait de 45 à 260% du Produit Intérieur Brut en France. Plus les permis de construire sont délivrés rapidement et facilement, plus le marché arrive à se détendre. Une hausse de 1 % du nombre de permis délivrés entraîne une baisse modérée du prix des terrains de 0.3 % en moyenne . Enfin, l'étude permet de constater que les jeunes désirent de moins en moins être propriétaires ou sont confrontés à des difficultés que nous devrons résoudre pour les inciter à se constituer un patrimoine. Parmi les jeunes ménages (25 à 44 ans), les inégalités d’accès à la propriété et de montant de patrimoine immobilier acquis se sont accrues entre les plus modestes et les plus aisés au cours des quarante dernières années. Selon les enquêtes Logement (Insee), 32 % des jeunes ménages modestes étaient propriétaires en 1973, et seulement 16 % en 2013.
Au-delà du prix de l’immobilier, du taux d’intérêt, de la durée des prêts accordés, une décomposition des évolutions du taux de propriétaires met en évidence le rôle de l'évolution des structures familiales. Il est observé une proportion croissante de familles monoparentales, une baisse de la part des couples avec enfants parmi les plus modestes et une forte diminution de la petite propriété rurale. L’aide de la famille – dons, héritages et autres formes – joue aussi un rôle important dans les années 2000 : quatre propriétaires récents sur dix en ont bénéficié, deux sur dix recevant même une aide financière directe pour l’achat. Ces aides ont augmenté de manière importante parmi les ménages aisés au cours des années 2000, contribuant à accroître l'écart avec la part de propriétaires parmi les plus modestes .
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