Les CGP réduisent les risques dans les portefeuilles
« L’incertitude géopolitique qui pèse sur les marchés financiers, des valorisations actions qui semblent historiquement élevées, des taux d’intérêt maintenus artificiellement bas par des banques centrales accommodantes et enfin la perception que la fin d’un cycle de croissance économique approche, sont des facteurs ayant conduit les CGP à réorienter leurs portefeuilles ‘prudents’et 'équilibrés’des fonds patrimoniaux vers les ‘fonds en Euros’en 2019 », selon l’édition 2019 du baromètre des conseillers financiers de Natixis Investment Managers (1). Pour les portefeuilles « dynamiques » en revanche, ce basculement s’est opéré des fonds actions (principalement les fonds d’actions européennes) vers les fonds flexibles. «Cette réduction du risque par un redéploiement des actifs vers une épargne bancaire, n’est pas inquiétante a priori. En revanche, si le retour vers le fonds en euros n’est pas conduit pour des raisons strictement tactiques mais correspond à une réallocation durable, on peut alors légitimement s’interroger sur la manière dont les investisseurs comptent financer leurs projets de vie ou compléter leur retraite », commente Natixis Investment Managers.
Autre enseignement de ce baromètre: l’ISR se développe de plus en plus au sein des portefeuilles des CGP, en particulier via les fonds actions. Avec 71 milliards d’euros sur un total de 514 milliards, l’ESG représente près de 14% des encours de fonds commercialisés en France en 2019 . Cette mesure fait écho à la proportion que Natixis constate en moyenne dans les portefeuilles de conseillers financiers depuis le début l’année, qui se situe à 15%. «Les investisseurs individuels se sentent de plus en plus concernés par les sujets environnementaux sociaux, et de gouvernance (ESG)», souligne Natixis Investment Managers. «Cet intérêt est aussi lié à un effet générationnel. Les Milleniums sont une majorité (56%), et avant eux, la génération X (48%), à penser que leurs investissements peuvent avoir un impact positif pour la société». Enfin la loi Pacte influence également les orientations des CGP vers les stratégies ESG.Pour rappel, les contrats d’assurance-vie souscrits à partir du 1er janvier 2020 devront faire référence à au moins une unité de compte labélisée « ISR » et « satisfaisant à des critères de financement de la transition énergétique et écologique ». Puis en 2022, deux autres UC verront le jour l’une « verte » et l’autre « solidaire ».
Dans un contexte d’incertitude, «les CGP diversifient leurs portefeuilles, tant géographiquement qu’à travers de nouveaux styles de gestion, comme les stratégies thématiques».
(1) Le baromètre s’appuie sur l’analyse de 88 portefeuilles types de CGP entre juin 2018 et juin 2019. Cet échantillon inclut 28 portefeuilles « prudents », 35 portefeuilles « modérés » et 25 portefeuilles « dynamiques », tels que caractérisés par les CGP.
,
Plus d'articles du même thème
-
Reclaim Finance et sept ONG pointent une transition encore à crédit
Si les banques françaises amorcent un recul, le système bancaire mondial reste massivement engagé dans les énergies fossiles. À mesure que s’accumule le risque de transition, la question d’une sortie ordonnée des actifs bruns devient centrale pour la stabilité financière. -
Louise Kooy-Henckel promue chez BlackRock
Dans un post LinkedIn, elle annonce sa nomination comme responsable mondiale des solutions de durabilité et de transition. -
La CCR et le FRR s'intéressent à l’érosion côtière et la biodiversité marine
La Caisse centrale de réassurance (CCR) et le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) ont participé à l’augmentation de capital de Seacure, une société marseillaise à l’origine du géocorail qui permet de préserver la biodiversité des milieux marins.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Exposition au MSCI World au coût le plus bas du marché
- L’heure du «value for money» n’a pas encore sonné pour les produits structurés
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
- L’Europe dégaine son plan de souveraineté technologique
Contenu de nos partenaires
-
Trois choses à savoir sur la proposition de « loi intégrale » contre les violences sexuelles
Face au choc provoqué dans l'opinion par l'affaire Lyhanna, un texte législatif transpartisan déposé fin 2025 est revenu au centre du débat politique -
Affaire Lyhanna : le patron de la gendarmerie reconnaît « un échec » pour l’institution
Le directeur général de la gendarmerie nationale, le général Hubert Bonneau, a reconnu, mardi 9 juin, « un échec » après la mort de Lyhanna, dont le principal suspect avait fait l’objet de plusieurs signalements et plaintes pour des violences sexuelles sur mineures -
Tribune libreData centers orbitaux : la prochaine dépendance européenne ?
Le continent a un besoin stratégique : garantir que certaines capacités numériques restent accessibles, sécurisées et souveraines dans un monde fragmenté et conflictuel