H2O répond aux interrogations relatives à ses placements privés
Natixis a perdu plus de 11 % en moins d’une journée après des interrogations soulevées par le FT Alphaville, et relayées par L’Agefi quotidien, concernant certains fonds de H2O AM. , Dans un communiqué, la société de gestion répond point par point aux investisseurs.
Sous la forme de questions-réponses, le gestionnaire reprend un à un les points qui ont suscité les interrogations soulevées par le média anglo saxon FT Alphaville, puis par Morningstar, qui a suspendu la notation d’un de ses fonds.
En premier lieu, le gestionnaire explique que les expositions aux obligations corporates non notées représentaient respectivement 4,3 %, 9,7 % et 8,3 % de ses fonds H2O Adagio, H2O Allegro, et H2O MultiBonds. A noter que si le communiqué mentionne que ces informations sont «clairement indiquées (…) sur les fiches de reporting mensuelles», ce n’est pas le cas, après vérification, sur les fiches mensuelles des fonds librement disponibles sur le site du gestionnaire.
Ensuite, le gérant explique qu’il utilise largement les produits dérivés – permettant un levier important - et que ses fonds disposent donc, in fine, de liquidité abondantes. Il donne pour exemple le fonds Adadgio pour lequel celles-ci représentent 56 % des actifs du produit.
H2O affirme aussi que ses expositions cumulées aux obligations corporate non notées, en termes de risque, restent «marginales» (par rapport à celles générées par ses positions sur les obligations souveraines et les marchés des changes), précisant qu’elles ne représentent que neuf lignes qui ne pèsent au total que 0,2 % à 2,7 % de l’actif net de ses fonds.
Concernant les interrogations sur le fait que certains de ces placements privés sont liés à Lars Windhorst, parfois qualifié de «sulfureux», la société explique que cette relation est en réalité uniquement due au fait que «ces obligations [leur] ont été proposées par Lars Windhorst, dont la société de portefeuille, Tennor Holding (anciennement Sapinda Holdings), détient les actions des sociétés émettrices, à l’exception de ADS».
Ainsi, selon les dires du gestionnaires, ces sociétés restent «totalement indépendantes» et «offrent un profil de risque similaire à ceux de titres garantis».
Enfin, à proposde la liquidité de ses produits, H2O explique que la liquidation de 40 % de son fonds H2O MultiBonds lui coûterait seulement 8 points de base dans des conditions normales de marché et 62 points de base en cas de conditions de marché stressé.
Les jours qui arrivent vont sans aucun doute constituer un bon test pour le gérant.
La première audience sur le fond dans l’affaire H2O est prévue pour octobre 2026. Les avocats des épargnants doivent fournir la liste des demandeurs avant le 31 janvier 2025.
Six ans après l’éclatement de l’affaire H2O, Caceis, dépositaire des fonds à l’époque et filiale du Crédit Agricole, sera auditionné ce vendredi 21 novembre par la commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le régulateur lui reproche un manquement à son devoir de supervision, après avoir déjà infligé en 2023 une amende record de 93 millions d’euros à H2O et ses dirigeants pour leurs investissements illiquides liés au groupe Tennor de Lars Windhorst.
Le tribunal des activités économiques de Paris a rejeté l’ensemble des demandes de nullité déposées par les sociétés défenderesses dans l’affaire H2O AM, confirmant la validité de la représentation des investisseurs et la poursuite de la procédure au fond.
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