Les unités de compte sont un débouché essentiel pour les sociétés de gestion
Une nouvelle étude de la société de conseil Indefi pointe l’intérêt pour les sociétés de gestion de profiter du développement des contrats d’assurance vie en unités de compte.
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Jean-François Tardiveau
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Ce n’est un secret pour personne, les assureurs rêvent d’un transfert massif de l’épargne investie en produits garantis - les fonds en euros - vers des supports «risqués» - les unités de compte (UC). L’enjeu financier est de taille compte tenu de l’importance des placements en contrats d’assurance vie individuels, épargne comme retraite. Dans ce contexte, la société de conseil Indefi, présidée par Richard Bruyère, vient de publier une étude analysant les ressorts de cette «révolution industrielle». Elle met notamment en lumière les opportunités de développement pour les sociétés de gestion en tant que partenaires privilégiées des assureurs dans ce processus de migration.
En chiffres, alors que l’assurance vie représente près de 1.500 milliards à mi-2016, l'étude (*) évalue à 252 milliards d’euros le montant investi dans les contrats en unités de compte, soit 17% des encours gérés au titre de l’assurance vie individuelle. «Le potentiel de développement pour les OPCVM est donc gigantesque et n’est pas sans rappeler les évolutions observées dans certains autres marchés européens marqués par la décrue des taux d’intérêt», indique Indefi. Et de citer le cas de l’Italie entre 2013 et 2015, ou de l’Espagne actuellement.
Dans le détail, sur les 252 milliards d’euros, 206 milliards sont investis dans des OPCVM, le reste étant placé dans des fonds non cotés. Quant aux encours en architecture ouverte, ils s’établissent à 77 milliards d’euros, «soit un taux d’ouverture agrégé de 37%, en croissance de 10 milliards par rapport à mi-2014, tiré notamment par l’ouverture croissante des réseaux propriétaires aux offres de gestion externe», précise l'étude. L’opportunité de marché pour les sociétés de gestion externes ne se limite pas cependant au référencement de fonds dans les contrats multisupports. Elle intègre également les délégations sur mesure (prestations de services de gestion sous mandat, pilotée ou conseillée, UC dédiées, mandats de gestion pour les assureurs promouvant des fonds de mandats) ainsi que les fonds externes détenus dans les fonds de fonds maison distribués en UC dans les réseaux propriétaires.
A noter qu’en matière d’offres, les services tels que les gestions sous mandat, pilotée, conseillée font figure de fers de lance de la conquête des épargnants. «En outre, ajoute Indefi, ces approches s’accompagnent d’une politique active de promotion de produits en complément – voire positionnés en substitution – du fonds en euros : structurés, immobilier, fonds patrimoniaux. Au total, ce sont plus de 90 milliards d’euros qui sont ainsi accessibles aux prestataires de gestion tiers opérant avec l’écosystème de la distribution d’assurance vie en UC.»
L'étude pointe néanmoins plusieurs évolutions structurantes qui sont en train de reconfigurer l’opportunité de développement pour les sociétés de gestion. Il faut compter tout d’abord sur l’essor du segment des «fund buyers», les menaces réglementaires (Priip notamment) et la porosité croissante entre les préoccupations d’investissement pour compte propre des assureurs et les offres mise en avant dans les contrats en UC. C’est notamment le cas pour tout ce qui touche à la thématique des stratégies d’investissement liées au contrôle de risque et à la recherche d’asymétrie, aux actifs réels (non cotés), aux ETF ou encore à l’ISR. Enfin, Indefi relève les attentes croissantes des distributeurs en matière de services, pour accompagner la conversion de leurs réseaux aux UC mais également pour faire face aux exigences réglementaires.
(*) Etude réalisée à partir d’un panel de quarante-cinq assureurs.
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