Le loto des taux
En baisse. A nouveau et sans surprise. Voilà comment qualifier cette année les taux de rendement qui sortent au fil de l’eau des fonds en euros, ces derniers captant encore plus de 80% des 1.600milliards d’euros investis dans l’assurance vie. En chiffres, selon les prévisions de la société Good Value for Money, le taux moyen pour 2018 s’établirait à 1,60%, à rapprocher avec la moyenne des rendements annoncés l’an passé à 1,80%. Vingt centimes de moins donc mais qui, comme tout «effet moyenne», masque des réalités très différentes d’un contrat à l’autre. Quel rapport trouvera-t-on entre un vieux contrat «oublié» d’un assureur, à la performance médiocre déjà constatée depuis plusieurs années - et qui de fait baissera peu cette année -, et un contrat habituellement performant et qui voit son taux passer sous la ligne de flottaison ? Quel rapport par ailleurs entre un établissement qui a préféré jouer les fourmis et gonfler la provision pour participation aux bénéfices (PPB) de son contrat au cas où surviendrait une brutale remontée des taux,
, et un assureur qui au nom d’une certaine justice entre souscripteurs, à moins que ce ne soit en raison d’une stratégie commerciale bien définie, refusera de constituer ladite provision ? Ce sont bien tous ces cas de figure qui se présentent et qui méritent de la part des souscripteurs de prendre un peu de recul - façon élégante d’avouer que l’on peut s’y perdre facilement. Dans ce cadre, et en attendant les bancassureurs dont certains se sont faits les spécialistes de contrats «vitrine» - ils ne brillent qu’un an ou deux avant de disparaître dans les profondeurs du classement - les associations d’épargnants mènent la danse. Avec brio. Outre les 2,25% du contrat Afer, le Gaipare avec un taux net servi de 2,50% comme l’Asac-Fapès qui a communiqué un taux de 2,48% pour son fonds cantonné Asac ont de quoi séduire. Non seulement, la plupart limite leur baisse à moins de 0,2points de pourcentage - 0,15 point pour l’Afer ou 0,10point pour l’Asac-Fapès -, mais leurs taux restent bien au-dessus des 1,60% attendus par le marché.
, En comparaison, les assureurs peinent à tenir la distance. Bien que certains n’aient pas démérités en ayant maintenu leur taux par rapport à l’année dernière. A titre d’exemple, les supports en euros de MAAF, MMA et GMF (groupe Covéa) varient entre 1,51% et 2,10% selon les supports. Autre établissement à avoir opter pour la stabilité: la filiale de la Société Générale, Sogecap, qui affiche pour son fonds phare un taux de 1,78% quasi stable (-0,02point).
, Enfin, Sérénipierre, le fonds euros à dominante immobilière de Primonial et Suravenir, est pour le moment en tête du classement avec un taux servi de 3,20%, à 0,2point de ce qu’il avait servi l’an passé. Mais, a prévenu l’assureur, en procédant à une augmentation de la PPB.
, Des accidents, si il y en a eu, sont à mettre au passif des contrats d’un autre genre, conduits sans doute auprès des épargnants à faire la soudure entre les fonds en euros classiques et les fonds eurocroissance qui tôt ou tard feront leur retour. C’est le cas par exemple de Sécurité Target Euro, support en euros «dynamique» de Primonial et Oradéa Vie, orienté vers les marchés financiers avec un minimum de 40% d’unités de compte - contre une moyenne de 27% pour l’ensemble des contrats. Avec des marchés d’actions affichant des baisses à deux chiffres, ce contrat qui avait fait parler de lui l’an passé avec un taux de 4,05 %, a annoncé pour cette année un rendement nul. Ce qui ne va pas servir la cause des assureurs qui tentent toujours d’orienter les souscripteurs vers plus d’unités de compte.
, Finalement, compte tenu de la large palette des taux de rendement, il est probable que les épargnants veilleront a minima à ce que leur contrat remplisse son rôle de protection contre l’inflation. Dont il n’aura échappé à personne qu’en 2018, cette dernière s’est établi à 1,6%, soit le taux moyen servi par les fonds. Au-dessus ou au-dessous de la moyenne ?
, Telle est la question...
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