Les obligations sécurisées font leur entrée sur la blockchain publique
Alors que Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, a réaffirmé la semaine dernière les ambitions de Paris dans la blockchain, la Société Générale frappe un grand coup dans ce domaine. Le 18 avril, la banque a émis 100 millions d’euros d’obligations de financement de l’habitat, sous forme de «security tokens», c’est-à-dire de jetons numériques constituant des actifs financiers à part entière. Elle a intégralement souscrit ces tokens qui bénéficiaient de la note maximale chez les agences Moody’s et Fitch. Une start-up interne de la Société Générale, Forge, a collaboré au projet.
Des banques ont déjà émis des obligations sur des blockchain privées. Cette opération constitue une première, du moins dans sa communication officielle, car elle s’est faite sur une blockchain publique, Ethereum, autre référence du secteur avec le bitcoin. «Ethereum apportait à l’instant T une réponse au cahier des charges du client, mais en fonction des ‘use cases’ et de l'évolution de l'écosystème, on pourrait voir des opérations de ce type sur d’autres blockchain», expliquent Benoit Sureau, associé chez PwC, et Sébastien Choukroun, manager du Blockchain Lab de PwC, qui ont conseillé la Société Générale sur ces aspects technologiques. Gide était conseil juridique.
La Société Générale étant déjà un émetteur d’obligations sécurisées par des moyens classiques, il est assez aisé pour elle de comparer les avantages de la technologie du registre distribué.
«Le coût à l’émission sur une blockchain est réduit, et l'émission peut être réalisée de façon rapide, tout en diminuant le nombre d’intermédiaires. Les actifs peuvent ensuite être transférés de manière beaucoup plus rapide que sur un substrat traditionnel, avec la facilité d’envoi d’un mail», exposent Benoit Sureau et Sébastien Choukroun.
La transaction démontre le potentiel des security token offering (STO), soumis à la réglementation financière existante et plus rassurants pour les acteurs de la finance traditionnelle que les ICO (initial coin offering). Concluant, le test ne concerne cependant que le marché primaire, puisque la Société Générale est à la fois l’émetteur et le souscripteur des jetons. Il reste encore aux promoteurs des émissions obligataires sur la blockchain à bâtir un écosystème efficace pour le marché secondaire.
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