Le prêt en ligne aux petites entreprises bat de l’aile
Le crowdlending axé sur les petites entreprises s’essouffle. Lendopolis met à l’arrêt ses activités de prêts aux TPE et aux PME pour se recentrer sur l’immobilier et les énergies renouvelables (ENR). «Le volume de dossiers financés ne justifie pas les investissements nécessaires en terme de ressources humaines et technologiques pour continuer à développer cette activité», explique à L’Agefi Nicolas de Feraudy, directeur général de Lendopolis. La plate-forme, qui évoque un marché très concurrentiel dans «un contexte de liquidités très abondantes», ne s’interdit toutefois pas de «réactiver ce segment si le contexte de marché évolue».
Fondé en 2014 dans le sillage de KissKissBankBank pour financer les entreprises «par la foule» et repris par la Banque Postale en 2017, Lendopolis a vu en 2018, pour la première fois, les montants collectés pour les projets dans les ENR (4,7 millions d’euros) dépasser ceux engrangés pour les TPE-PME (3,4 millions d’euros). Sa collecte pour les projets immobiliers a, elle, atteint 2,5 millions d’euros un an après son lancement. «Les banques peuvent financer des TPE-PME à des taux très bas, entre 1,5 et 1,8%, qui ne reflètent pas le coût du risque. Les plates-formes, qui doivent offrir des taux attractifs aux particuliers qui investissent et gérer le risque de défaillance, se positionnent sur des prêts à des taux entre 4 et 6%. Elles n’affrontent pas le marché avec les mêmes armes», analyse Mikaël Ptachek, responsable fintech chez KPMG.
En témoigne la faillite d’un pionnier du secteur, Unilend, racheté fin 2018 par trois repreneurs dont PretUp, pour 661.000 euros. Seules les plates-formes avec un modèle hybride, comme October qui mêle financement participatif et fonds de prêt, semblent tirer leur épingle du jeu. October, qui a prêté 260 millions d’euros aux PME depuis sa création, a ainsi franchi la barre des 100 millions d’euros remboursés en février dernier.
Plus rentable et moins risqué, le crowdfunding immobilier a, de son côté, le vent en poupe. «On n’est pas sur une concurrence frontale mais sur une complémentarité avec les banques», souligne Mikaël Ptachek. Souvent sous forme d’obligations, le crowdfunding immobilierdispose de taux attractifs de l’ordre de 8 à 10%. «Il y a une profondeur et une diversification de ce marché» notait ainsi Jérémie Benmoussa, cofondateur de Fundimmo lors de la présentation du Baromètre du crowdfunding 2018. Preuve de ce dynamisme, le marché du crowdfunding immobilier a bondi de 83% à 185 millions d’euros en 2018 quand celui du prêt participatif aux entreprises n’a progressé que de 32%, avec 284 millions d’euros collectés.
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