Comment les fintechs chinoises dominent le marché des services financiers innovants
La Chine, véritable eldorado des services financiers innovants ? Dans une étude réalisée par la banque singapourienne DBS et le cabinet Ernst & Young, la puissance des fintechs chinoises est détaillée, offrant à la Chine le statut de pays des fintechs.
L'étude explique que dans le secteur des paiements, 40% des utilisateurs chinois de services financiers se penchent vers les fintechs, un chiffre très élevé en comparaison avec ses voisins indiens (20%) ou singapouriens (4%). Sur le secteur du prêt c’est 14%, soit bien plus qu’en Inde (5%). Cette domination semble mondiale, un récent classement réalisé par CapGemini montre que 84% des Chinois ont utilisé les services d’une fintech dans l’année contre seulement 36% en France.
Cette bonne santé des sociétés financières technologiques chinoises est favorisée par un développement particulièrement élevé du e-commerce dans le pays. Il devrait représenter en 2016 47% du total des ventes digitales dans le monde (899 milliards de dollars, soit environ 18,4% du total des ventes dans le pays) contre 35% aux Etats-Unis (et 8% du total des ventes sur le territoire). Il devrait d’ailleurs encore grimper dans les prochaines années selon les estimations du rapport, en s'étendant aux régions plus rurales.
L’utilisation de la carte bancaire étant largement sous-utilisée dans le pays (0,29 carte par habitant en 2015 contre 3,3 à Singapour) les Chinois passent directement de l’utilisation du sacro-saint «cash» aux plateformes de paiements mobiles telles que Alipay, WeChat ou UnionPay Quick. Résultat, la Chine détient aujourd’hui 8 des 27 licornes dans le secteur, ces sociétés non cotées dont la valorisation est estimée au-dessus d'1 milliard de dollars. A titre d’exemple, Alipay représente désormais la moitié des paiements en ligne «tiers» (non bancaires), et 68% du marché du paiement mobile.
La puissance de ces sociétés chinoises ne se matérialise pas seulement parmi les gros acteurs de la fintech. Selon le dernier classement Venture Pulse de KPMG du financement des fintechs par le capital risque, l’Asie est le seul continent à avoir vu les levées de fonds progresser au troisième trimestre. Les trois fintechs qui ont réalisé les plus grosses levées dans le monde sont chinoises.
Plus d'articles du même thème
-
CVC relance la piste Nexi, en veillant à ménager Rome
A l'affût d'opportunités dans les infrastructures européennes, le géant européen du capital investissement envisage une offre à 9 milliards d'euros sur le spécialiste italien des paiements, dont le titre a perdu 65% en quatre ans. -
Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
Même dans l'univers des fintechs, Revolut reste à part en raison de la structure de ses revenus et de son bilan. Alors que le groupe envisage une entrée en Bourse, mais pas avant 2028, et caresse l'espoir d'une capitalisation de 200 milliards de dollars, les analystes de JPMorgan viennent de disséquer le modèle économique de la néobanque la mieux valorisée et la plus crainte d'Europe. -
Bit2Me lance une offre pour investir dans des fonds, des ETF et des actions
La plateforme crypto espagnole ambitionne de devenir un hub de gestion de fortune en ligne.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreOlivier Babeau : « TotalEnergies ne doit pas être le bouc émissaire de l'impuissance de l'Etat »
« Si l'Etat a besoin d'argent, est-ce l'imprévisibilité fiscale et la ponction conjoncturelle sur quelques entreprises prospères qui y remédieront ? », interroge le professeur à l’université de Bordeaux, essayiste et fondateur de l’Institut Sapiens. -
« L’économie française résiste » malgré « des vents de face », assure Roland Lescure
Depuis le G7 Finances à Paris, mardi 19 mai, le ministre de l'Economie a affirmé sur BFMTV qu'il n'y avait « ni stagflation ni récession en France », même si la guerre au Moyen-Orient « n'est pas une bonne nouvelle pour les taux d'intérêt » -
Dans les pas d’une bottière globe-trotter
Paula Perier-Latour est bottière chez Berluti. Tous les trois mois, elle quitte son atelier parisien pour aller rencontrer ses clients « sur mesure ». Nous l’avons suivie à Londres.