BNP Paribas fait un pas de plus vers les blockchains publiques
Lorsque CoinDesk a révélé l’information quelques heures avant les communications officielles, une partie de l’écosystème crypto s’était pris à rêver du premier lancement par une grande banque française d’un service de détention de cryptoactifs pour ses clients. Sous-entendu, il allait donc être possible de détenir du bitcoin ou de l’ether.
Finalement, BNP Paribas précisera dans son communiqué sur son partenariat avec Metaco et Fireblocks que la détention concernera seulement « les actifs réglementés », à savoir les obligations et les actions tokenisées pour les professionnels. « Aujourd’hui, nous ne travaillons qu’avec des actifs réglementés sur lesquels il existe un cadre juridique de travail clair. Le rôle d’un détenteur (custodian) est à la fois de garder les actifs mais aussi de s’assurer de la bonne restitution de ces derniers à leurs propriétaires », précise à L’Agefi Bruno Campenon, responsable de l’activité Banque, Courtiers et Corporates chez BNP Paribas Securities Services.
Inconnues réglementaires et techniques
Le 7 juillet dernier, la banque française s’est associée avec EDF pour réaliser la première distribution d’une obligation tokenisée destinée à financer un projet solaire. Le 24 mai, elle était devenue la première banque européenne à rejoindre la blockchain privée Onyx Digital Assets de JPMorgan et à y effectuer une transaction.
La tokenisation d’actifs financiers sur une blockchain est étudiée par de nombreuses banques. Elle permettrait potentiellement une plus grande transparence à l’ensemble des parties, une meilleure traçabilité et une réduction sensible des frais de transaction tout en les optimisant. « En plus de nous aider techniquement sur nos activités de détentions d’actifs, Metaco et Fireblocks vont aussi nous permettre d’avancer techniquement sur l’interopérabilité à terme avec d’autres blockchains publiques », explique Bruno Campenon.
A la différence des blockchains privées comme Onyx Digital Assets, les blockchains publiques comme Bitcoin ou Ethereum sont accessibles à toutes personnes désirant les utiliser et sont donc par essence beaucoup plus décentralisées. Mais pour s’y lancer, il y a encore trop d’inconnues réglementaires pour les banques comme BNP Paribas : « La mise en place du régime pilote début 2023 permettra d’y voir plus clair. La mise en place d’une monnaie numérique de banque centrale (MNBC), particulièrement wholesale, pourra aussi permettre une meilleure circulation de la liquidité via la blockchain », prévoit Bruno Campenon.
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