Zodiac Pool s’en remet aux juges britanniques face à ses créanciers
Zodiac Pool lutte pour rester à flot. L’ancienne division de bateaux pneumatiques et d’équipements pour piscines de Zodiac enchaîne les restructurations financières depuis son rachat avec effet de levier par le fonds Carlyle en 2007. Elle s’en remet désormais à la justice britannique face à ses créanciers. L’entreprise a engagé une procédure de «scheme of arrangement», une procédure collective qui permet à un emprunteur de restructurer sa dette sans l’accord unanime des créanciers.
Jeudi dernier, la justice britannique a ordonné à ces derniers de voter sur les propositions de la société le 25 juillet prochain, donnant tort sur ce point au fonds Avenue Europe Opportunities. Zodiac Pool se propose de repousser de septembre 2014 à décembre 2017 ses premières tombées de dette, moyennant un remboursement partiel de 145 millions d’euros, selon Bloomberg. Carlyle ne fait pas de commentaires.
En 2007, le LBO avait été financé à l’aide de 680 millions d’euros de dette senior et 315 millions de dette mezzanine et second lien. Mais la crise financière a perturbé la syndication des prêts. Une première restructuration de dette s’est révélée nécessaire dès 2009 et s’est concrétisée début 2010. Carlyle, qui avait racheté fin 2009 les créances d’ING, principal prêteur, avait alors pu se retrouver en position de force pour réaménager la structure financière de l’entreprise.
Depuis, le groupe a maigri au fil des ventes par appartement. A l’automne 2012, le fonds de retournement OpenGate Capital a acquis la production de bateaux pneumatiques de plaisance, qui opère désormais sous le nom de Z Marine. Quelques semaines plus tard, Oaktree a mis la main sur Evac et Milpro, les activités de pompage/traitement des eaux et de canots pneumatiques militaires. L’entreprise s’est ainsi recentrée sur son activité d’équipements pour piscines (Pool), qui n’a plus de liens avec la société Z Marine.
Le choix du «scheme of arrangement» témoigne au passage de la popularité croissante de cette procédure plus souple pour l’emprunteur. En statuant en avril sur le cas du gestionnaire de parkings allemand Apcoa, la justice britannique a élargi le bénéfice du «scheme» à toute société étrangère dont la dette est soumise au droit anglais, même si l’emprunteur n’exerce aucune activité sur le sol de la Grande-Bretagne.
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