Winoa reprend goût à la dette huit mois après être passé sous la coupe de ses créanciers
Les derniers enfants à problèmes du LBO profitent de la fenêtre de tir ouverte sur le marché du high yield. Winoa, le fabricant de grenailles abrasives utilisées pour nettoyer les pièces métalliques, a lancé cette semaine une émission d’obligations seniors de 260 millions d’euros, moins de 8 mois après être passé sous le contrôle de KKR à l’occasion d’une restructuration de dette. Le fonds américain ne souhaite pas commenter l’opération.
A l’issue du placement, de maturité 2020 avec une clause de rachat anticipé au bout de deux ans, Winoa affichera un levier élevé: la dette ajustée atteindra 6,2 fois l’Ebitda selon Moody’s. Outre les 260 millions d’euros d’obligations, le refinancement comprend une ligne de crédit renouvelable de 20 millions qui aura un rang super senior. «Le free cash flow de la société sera limité dans les prochaines années par des charges financières importantes et des dépenses d’investissement qui s’accroîtront temporairement en 2015 et 2016», estime l’agence, qui note les titres «B2».
Détenu par LBO France depuis 2005, l’ex-Wheelabrator avait souffert en 2009 d’une chute de 30% de son chiffre d’affaires, même s’il avait réussi à maintenir sa marge d’Ebitda entre 13% et 15%. La société ne pouvait plus supporter la dette montée lors de son rachat par effet de levier. En prévision d’une restructuration inéluctable, KKR et deux hedge funds qui lui sont affiliés, Benett Capital Management et DK Capital Management, ont ramassé durant 2013 la majorité des créances seniors. Celles-ci ont été converties en capital en novembre 2013, donnant à la galaxie KKR environ 85% du capital. Le groupe isérois a bénéficié en parallèle d’une injection d’argent frais de 60 millions d’euros. Sa dette aurait été ramenée à cette occasion sous les 200 millions.
Leader mondial sur sa niche avec une part de marché estimée à 42%, Winoa reste très lié au cycle économique et a souffert des difficultés des industries de la construction et de l’automobile. Son chiffre d’affaires sur douze mois à fin mars 2014 atteint 341 millions d’euros, indique Moody’s. Lors de sa prise de contrôle par KKR, l’entreprise revendiquait un chiffre d’affaires de 370 millions au titre de l’exercice 2012, pour un Ebitda de 50 millions d’euros.
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