Volkswagen n’est pas totalement épargné par la crise en Europe

Le bénéfice du constructeur automobile a baissé au dernier trimestre 2011 et ses stocks de véhicules invendus ont doublé
Olivier Pinaud

Volkswagen n’avait pas prévu de publier ses comptes annuels si tôt. Mais une indiscrétion dans un journal allemand a contraint le constructeur automobile à annoncer des résultats préliminaires. Ils seront détaillés le 12 mars prochain. Les quelques chiffres distillés vendredi par le constructeur automobile révèlent des mauvaises surprises, même si son résultat net annuel a plus que doublé à 15,8 milliards d’euros, soit le plus gros bénéfice jamais réalisé par un groupe allemand. Le dividende versé sur les actions préférentielles est proposé à 3,06 euros, alors que le consensus donnait 3,16 euros.

Le deuxième constructeur automobile mondial a vu son bénéfice d’exploitation reculer de 0,9% à 2,29 milliards d’euros au quatrième trimestre 2011, alors que les analystes l’attendaient en légère hausse à 2,38 milliards. Ses stocks de véhicules invendus ont également doublé, signe que Volkswagen n’est pas totalement épargné par la crise qui touche de nombreux autres constructeurs en Europe. Sa production de voitures a dépassé les ventes de près de 100.000 exemplaires au quatrième trimestre, créant un stock de véhicules invendus qui représente près du double de celui cumulé sur les neuf premiers mois de l’exercice. Le groupe est moins présent en Europe que ses concurrents, en particulier Peugeot. Mais la direction de Volkswagen sait que la baisse de 5% du marché européen attendue cette année laissera des traces.

Selon les analystes de Credit Suisse, Volkswagen pourrait avoir du mal à faire progresser son bénéfice cette année, sans tenir compte de l’intégration complète de sa filiale de poids lourds Man, détenue majoritairement depuis novembre 2011. De même, certains analystes s’inquiètent de la baisse de 5% des livraisons du groupe en Chine en janvier, un mois il est vrai toujours perturbé par les festivités du Nouvel an chinois. Bernstein estime que la moitié des bénéfices de Volkswagen viennent de Chine.

Enfin, la chute de 4 milliards de la trésorerie de Volkswagen au dernier trimestre 2011, en raison du rachat de Man, suscite des interrogations, même si avec encore 17 milliards d’euros dans ses caisses, le constructeur a les moyens de procéder au rachat des 50,1% du capital de Porsche. L’opération est estimée à 4 milliards d’euros. Elle pourrait être évoquée lors d’un conseil d’administration initialement programmé pour aujourd’hui.

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