Vivendi se démène sans parvenir à effacer sa décote
Montée à 100% au capital de SFR. Rachat des chaînes de télévision numérique terrestre de Bolloré. Accord industriel en cours de négociations avec le polonais TVN dans la télévision payante. Acquisition partielle d’EMI. Vivendi a connu en 2011 l’une des années les plus actives depuis l’éclatement de la bulle internet. Au total, le groupe de médias et de communication aura dépensé 10 milliards d’euros cette année pour renforcer ses activités ou améliorer l’efficacité de sa structure financière.
Selon la direction, une pause s’impose. «Il est très peu probable que nous fassions d’autres opérations de même ordre. Nous avons aujourd’hui très peu de marges de manœuvre au niveau de notre bilan», a reconnu hier le directeur financier Philippe Capron, lors de l’annonce des résultats du troisième trimestre. Son objectif: ramener l’endettement sous les 13 milliards d’euros fin 2011, contre 13,3 milliards à fin septembre, afin de conserver des ratios en accord avec la note BBB auprès des agences de notation. Dans ce contexte, le rachat des 20% que Lagardère détient dans Canal+ France n’est plus à l’ordre du jour, a prévenu Jean-Bernard Lévy, le président du directoire de Vivendi.
L’activité de Vivendi en acquisitions couplée à sa discipline financière n’a pourtant pas permis de réduire la décote dont souffre le groupe depuis des années. Selon CM-CIC, elle culminait hier à près de 43%, soit environ 13 points de plus qu’en début d’année. Le rachat en avril des 44% que Vodafone détenait au capital de SFR, censé redorer le bilan du groupe, n’a pas eu l’effet tant escompté. Au contraire, contraint d’anticiper la concurrence à venir de Free Mobile en baissant ses prix, l’opérateur de télécoms prévoit un recul de 8% et 9% de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) du mobile en 2011. Cette activité génère à elle seule un tiers de l’Ebitda consolidé de Vivendi.
Plus que la réussite d’Activision dans les jeux vidéo (+38% pour le résultat opérationnel en neuf mois), plus que la croissance de l’opération télécoms brésilien GVT (+47% pour le chiffre d’affaires), plus que le redémarrage de l’activité musique dont le chiffre d’affaires cumulé a cessé de baisser depuis deux trimestres, les investisseurs redoutent aujourd’hui une nouvelle dégradation du marché du mobile en France.
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