Vivendi n’a toujours pas répondu aux interrogations sur son avenir
Cela devrait être la principale bonne nouvelle annoncée par Vivendi ce matin pour la publication de ses résultats 2012. Grâce à sa filiale de jeux vidéo Activision, dont les comptes sont déjà connus, le groupe de médias et de télécommunications devrait publier un bénéfice net supérieur aux 2,55 milliards d’euros attendus par le consensus d’analystes. UBS prévoit par exemple 2,66 milliards, légèrement moins que les 2,7 milliards estimés par Deutsche Bank.
Pour le reste, soit l’essentiel, Vivendi risque de décevoir l’impatience du marché. Matraqué de rumeurs ces dernières semaines sur l’avancée de sa revue stratégique, le groupe ne devrait rien révéler ce matin. Si les négociations se poursuivent avec des acquéreurs potentiels pour ses deux actifs étrangers dans les télécoms, GVT au Brésil et Maroc Télécom, un accord n’est pas attendu avant quelques semaines. Vivendi a fixé la date butoir indicative au 30 avril, jour de l’assemblée générale. Quant à SFR, la direction du groupe a réaffirmé hier que l’opérateur n’est pas à vendre, alors que, selon BFM Business, les actionnaires de Numéricable envisageraient une offre sur la totalité de son capital.
Autre sujet sensible: les prévisions pour 2013. La direction de Vivendi donnera ses premières indications ce matin. Or, compte tenu du regain d’agressivité commerciale de SFR, plusieurs analystes s’attendent à une baisse marquée de l’excédent brut d’exploitation de l’opérateur cette année, après la chute de 11% estimée pour 2012. Selon JPMorgan, l’Ebitda de SFR pourrait tomber à 2,8 milliards d’euros en 2013, 5% de moins que sa précédente estimation, ce qui pourrait faire plier la prévision de bénéfice net de Vivendi autour de 2,35 milliards d’euros.
Les difficultés de SFR, premier actif de Vivendi, pourraient pousser la direction à revoir à la baisse la valeur de l’opérateur, ce qui créerait au final une pression supplémentaire sur les ratio d’endettement du groupe. Un risque important, selon les analystes de Cheuvreux. Ces derniers rappellent que la valeur comptable de SFR, 20 milliards d’euros, n’a pas été modifiée depuis le lancement de Free Mobile. Or l’arrivée de ce nouveau concurrent a durablement transfiguré le marché français de la téléphonie mobile. Selon Cheuvreux, l’actualisation des cash flow de SFR donnerait à l’opérateur une valeur plus proche de 15 milliards d’euros.
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