Vivendi déjoue les pronostics malgré les turbulences dans la téléphonie mobile
Contre toute attente, Vivendi a réalisé une solide performance au premier trimestre. Le groupe de médias et de divertissement a dégagé un chiffre d’affaires de 7,2 milliards d’euros (+3,8%), un résultat opérationnel ajusté (Ebita) de 1,7 milliard d’euros (+7,2%) et un résultat net ajusté de 950 millions d’euros (+29,1%). Les analystes du panel Reuters tablaient en moyenne sur des chiffres respectifs de 6,9 milliards d’euros, 1,5 milliard d’euros et 730 millions d’euros.
Le groupe dirigé par Jean-Bernard Lévy a bâti sa croissance sur trois activités principales. En premier lieu, la division de jeux vidéos, Activision Blizzard, dont les résultats avaient été publiés le 9 mai. Le jeu Call of Duty : Black Ops, classé numéro un aux Etats-Unis et en Europe, a poursuivi son développement avec le lancement au premier trimestre d’un pack d’expansion. Le chiffre d’affaires du métier a dépassé 1 milliard d’euros (+12,3%) tandis que l’Ebita a atteint 502 millions d’euros (+33,2%). GVT, l’activité de télécoms brésilienne, a également maintenu le cap de la croissance, avec des ventes en hausse de 53,7% sur un an et une marge d’Ebitda à 41,9%, en augmentation de 0,8 point par rapport au premier trimestre 2010. Quant à Canal+, l’Ebita progresse de 15,4% à 265 millions d’euros, grâce en partie à un effet de calendrier favorable avec deux journées de Ligue 1 de football en moins, et donc autant de coûts de production économisés.
Ces points d’appui ont permis à Vivendi de compenser le ralentissement enregistré dans la téléphonie en France, où SFR a dû affronter des turbulences réglementaires au cours du trimestre. La décision de ne pas répercuter la hausse de la TVA au 1er janvier sur les clients mobiles a coûté environ 50 millions d’euros. L’Ebitda trimestriel a ainsi reculé de 6,3% à 923 millions d’euros, reflétant une politique commerciale plus agressive. «L’environnement a été profondément perturbé par la TVA dans le mobile mais également là où on s’y attendait moins, dans le fixe», a déclaré lors d’une conférence avec les analystes Philippe Capron, directeur financier du groupe. La situation est toutefois «revenue à la normale» depuis mars, a-t-il précisé. Le groupe annonce pour 2011 un résultat net ajusté supérieur à 3 milliards d’euros après l’acquisition, auprès de Vodafone, du solde du capital de SFR. Ce rachat hissera sa dette nette à 13,5 milliards d’euros en fin d’année.
Plus d'articles du même thème
-
Le Livret A paie cash son rendement réel négatif
Depuis le début de l’année, le petit livret rouge affiche une décollecte de 3,1 milliards d’euros, contre une collecte positive de 1,73 milliard d’euros à la même période en 2025. La tendance pourrait toutefois s'inverser en août en cas de relèvement du taux. -
Quilvest vise 400 millions d’euros pour son nouveau fonds buyout
Le véhicule devrait réaliser une première clôture cet été. Il succède à un précédent millésime de 300 millions d'euros, désormais déployé à plus de 80 %. -
L'Allemagne divise par deux ses prévisions de croissance à cause de la guerre en Iran
Le gouvernement allemand vise désormais une hausse du PIB limitée à 0,5% cette année et une inflation de 2,7%. L'Italie a également réduit ses propres prévisions.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- L'entrée en relation bancaire numérique embarrasse les réseaux traditionnels
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
Contenu de nos partenaires
-
AmbitieuxVentes d’armes : le Japon veut sa part du gâteau
Le gouvernement japonais autorise désormais l’exportation d’armes létales, renonçant ainsi à l’un de ses principes pacifistes -
MasterclassQuand Patrick Pouyanné et Bruno Retailleau volent au secours du marché électrique européen
La volatilité des marchés du gaz liée aux incertitudes géopolitiques fait craindre aux Européens des pics des prix de l’électricité -
FactureCrise énergétique : la Commission européenne tente de concilier urgence et long terme
Bruxelles ne veut pas sacrifier la transition énergétique sur l’autel des mesures de court terme