Vinci mise 1,4 milliard d’euros pour tracer sa route en Inde
Vinci pousse ses pions en Inde. Le groupe de construction et de concessions Vinci a annoncé jeudi avoir conclu un accord avec le gestionnaire d’actifs australien Macquarie Asset Management pour l’acquisition de neuf autoroutes dans ce pays pour un montant dépassant le milliard d’euros.
De quoi renforcer l’exposition de l’entreprise dirigée par Pierre Anjolras à l’international, où il a réalisé près de 60% de son chiffre d’affaires et plus de la moitié de ses bénéfices l’an dernier.
«L’Inde est un marché en plein expansion», souligne RBC Capital Markets, dans une note envoyée à ses clients. Avec un ratio dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 1,4 fois à fin 2025, Vinci dispose d’une marge de manouvre suffisante en matière d’allocation du capital, ajoute l’intermédiaire financier. La «valorisation peu exigeante» de l’entreprise est également appréciée par RBC, qui affiche donc une recommandation «surperformance» et un objectif de cours de 145 euros sur la valeur.
«Vinci Highways, filiale de Vinci Concessions, a signé avec Macquarie Asia Infrastructure Fund 2, géré par Macquarie Asset Management, un accord en vue de l’acquisition du portefeuille Safeway Concessions, comprenant neuf concessions autoroutières à péage dans les Etats de l’Andhra Pradesh, dans le sud-est de l’Inde, et du Gujarat, [dans] l’ouest du pays», a indiqué le groupe dans un communiqué.
Une «opportunité rare»
La transaction valorise Safeway Concessions sur la base d’une valeur d’entreprise d’environ 150 milliards de roupies indiennes, représentant près de 1,4 milliard d’euros et 15 fois environ l’Ebitda réalisé par ces actifs. «Le montant définitif de l’opération et celui de la mise en fonds propres seront déterminés après la prise en compte des ajustements usuels à la date de clôture et la finalisation de la structuration financière de l’opération», a précisé Vinci.
Soumise à l’approbation des autorités indiennes compétentes, l’opération pourrait être bouclée d’ici à la fin de cette année.
Le portefeuille Safeway Concessions regroupe 700 kilomètres de sections autoroutières situées sur des axes structurants du réseau indien, reliant d’importantes zones industrielles, agricoles et logistiques du pays. Ces autoroutes à péage sont exploitées dans le cadre de contrats avec l’Autorité nationale des autoroutes de l’Inde, avec des échéances s'échelonnant entre 2048 et 2058. Le concessionnaire est ainsi rémunéré en fonction du trafic à travers la perception de péages.
«L’acquisition d’un portefeuille autoroutier de cette taille et de cette qualité constitue une opportunité rare sur un marché en forte croissance» et «s’inscrit parfaitement dans la stratégie d’investissement de long terme de Vinci dans les infrastructures de mobilité», a expliqué le groupe.
Vinci a également indiqué avoir identifié, au sein du portefeuille Safeway Concessions, «des pistes d’optimisation tant dans le domaine financier qu’en matière opérationnelle». «Il s’y ajoutera des opportunités de digitalisation du péage dans la perspective de la transition engagée par l’Inde vers un système en flux libre», a poursuivi l’entreprise.
Vinci gère actuellement plus de 8.200 kilomètres d’autoroutes à travers le monde, notamment en France, en Allemagne, au Brésil, au Canada ou encore aux Etats-Unis, selon le document d’enregistrement universel 2025 de l’entreprise. Ses deux filiales Vinci Autoroutes (4.443 kilomètres d’autoroutes exploitées en France) et Vinci Highways (3.750 kilomètres exploités à l’international) génèrent un chiffre d’affaires de respectivement 6,7 milliards d’euros et 543 millions d’euros, soit 9% et 0,7% des revenus du groupe. Vinci Autoroutes affichait par ailleurs un taux de marge d’Ebitda de 71% en 2025, contre une marge de 66,9% sur l’ensemble des activités du groupe.
En clôture, l’action Vinci a cédé 1,3%, à 127,10 euros, au sein d’un CAC 40 qui se repliait de 1%. Depuis le début de l’année, le titre gagne 6%, surperformant l’indice phare de la place de Paris, qui recule de 4,3% sur cette même période.
A lire aussi: Moins de béton, plus d’aviation : Vinci, un profil en constante transformation
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