Veolia n’a pas encore totalement réglé le dossier Transdev
Sa participation est réduite à 40% du capital. Mais le groupe doit encore se faire rembourser 520 millions d’euros de prêts d’actionnaires
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Olivier Pinaud
Veolia fait un nouveau pas vers son désengagement de l’activité de transports en commun. Après des mois de négociations à couteaux tirés avec la Caisse des dépôts, son associé d’infortune au capital de Veolia Transdev (VTD), mais aussi son premier actionnaire, le groupe est parvenu à un accord pour réduire sa participation à 40% contre 49,99% auparavant. Ce retrait se fait par dilution. Sur les 800 millions d’euros de prêts d’actionnaires convertis en actions VTD, seulement 280 millions d’euros ont été apportés par Veolia. La CDC monte ainsi à 60% du capital du groupe de transports.
Une fois cette opération totalement approuvée, Veolia détiendra encore 520 millions d’euros de prêts d’actionnaires sur sa filiale. Selon l’accord conclu avec la CDC, ces créances seront remboursées en partie par un refinancement externe et en partie via des cessions d’actifs. Lors de la revue stratégique de fin 2011, la direction de VTD avait identifié plusieurs activités en mesure d’être cédées, et représentant au total environ 10% du chiffre d’affaires de la société (7,8 milliards en 2011). Compte tenu des normes comptables, les prêts d’actionnaires de Veolia à VTD avaient déjà été déconsolidés de la dette du groupe (14,7 milliards d’euros à fin juin 2012).
Cet accord ne referme pas encore définitivement le dossier VTD pour Veolia. La relance opérationnelle et le financement de la société ne sont pas réglés. En raison d’une dégradation de son activité, exacerbée par les remous provoqués par la fusion entre Veolia Transport et Transdev début 2011, aussi bien en interne qu’auprès des collectivités clientes, le groupe est incapable de financer son plan d’investissement. Au premier semestre 2012, VTD a dégagé un produit d’activité ordinaire de 1,96 milliard d’euros, avec un résultat opérationnel de 5,1 millions d’euros et une capacité d’autofinancement opérationnelle de seulement 89 millions d’euros.
L’entrée d’un nouvel actionnaire, par augmentation de capital, apporterait une partie des fonds. Mais jusqu’à présent, les négociations avec les investisseurs intéressés, Cube Infrastructure et Predica, ont échoué, notamment pour des questions de valorisation de VTD. Enfin, pour obtenir l’accord de la CDC, Veolia s’est engagé à reprendre dans son giron la Société nationale Corse Méditerrannée, dont la situation financière et sociale est extrêmement fragile.
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