Une scission des murs d’Accor maintenant ne convainc pas les analystes
Après l’échec de la scission et de la cotation de Carrefour Property, l’immobilier du distributeur, Colony s’en est pris à une autre de ses participations Accor, dont il détient de concert avec Eurazeo 21,37% du capital et 27,51% des droits de vote. Selon Les Echos, Sébastien Bazin, directeur général Europe de Colony Capital, a proposé au conseil d’Accor en décembre dernier de créer une foncière pour regrouper les murs des hôtels. A l’instar de ce qu’avait réalisé Marriott en 1993.
Toutefois, une scission «n’est pas d’actualité», a assuré hier Accor. De fait, «le moment n’est guère favorable», note Oddo. En revanche, le groupe hôtelier dit réfléchir «à mieux identifier la partie immobilière de la partie opérationnelle, dans le but unique de gagner en efficacité». De fait, le groupe n’est plus valorisé que 4,76 milliards d’euros en Bourse, après avoir perdu 41% de sa valeur en 2011. Au 30 juin dernier, les murs étaient comptabilisés pour 3,3 milliards. « La création d’une foncière permettrait d’extraire une partie de cette valeur au moins, note Natixis. «A l’opposé, vu l’évolution de l’immobilier au cours des 15 dernières années, sa valorisation a peut-être atteint un sommet?», s’interroge néanmoins le courtier.
Ce débat remet surtout en lumière «la très faible valorisation de l’exploitation hôtelière, ajoute Oddo. Les murs représentent 16 euros par titre, ce qui laisse l’exploitation hôtelière à 4,5 euros, soit 3 fois l’Ebit 2012 seulement (contre 10 à 15 fois l’Ebit pour les pairs boursiers qui n’ont pas ou peu d’immobilier)».
Dans ce contexte, la création d’une foncière «pourrait avoir pour conséquence de forcer Accor à finaliser sa mue vers un business model plus rentable et moins cyclique», poursuit Natixis. D’ailleurs, le potentiel du titre à moyen terme «réside dans sa capacité à asseoir ses marques et à faire, à la clé, du développement qui renforce les réseaux existants et crée de la valeur, note CM-CIC. Si Accor échoue sur ce point, son potentiel de valorisation sera amputé. Ceci plaide pour la stratégie de Denis Hennequin [PDG d’Accor]. Reste à savoir si ses actionnaires sauront se montrer patients».
Autrement dit, le groupe hôtelier doit se concentrer sur ses problématiques: «son exposition géographique (70% des revenus sont toujours en provenance d’Europe), son absolue nécessité de gagner des parts de marché via un développement agressif, et sur la solution de certains sujets tels que Motel6», conclut Natixis.
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