« Un ajustement sur les perspectives de croissance peut entraîner le marché plus bas »
L’Agefi : Pourquoi anticipez-vous un recul des marchés actions d’ici six mois ?
Emmanuel Morano : L’ajustement des prévisions pour 2011, selon nous inéluctable, répond à plusieurs paramètres. D’abord, il faudrait que la croissance des PIB soit revue en hausse pour que les entreprises et les analystes puissent caler leurs calculs sur des estimations de haut de cycle. L’impact des politiques budgétaires et monétaires sur la croissance (fiscalité, taux d’intérêt, mesures de soutien) doit aussi être contrôlé au plus près. Un regain d’appétit pour le risque des investisseurs, aujourd’hui au plus bas, passera en partie par une modification du niveau des taux d’intérêt, elle aussi tributaire de la conjoncture économique. Enfin, après avoir restructuré leurs activités et «de-leveragé» leurs bilans, la faculté des entreprises à accroître leurs marges est plus limitée.
Quels catalyseurs vous permettraient de faire preuve de plus d’optimisme ?
Le véritable catalyseur est le relais de la demande finale, consommation et investissement. Les entreprises ont commencé à réinvestir, mais pour maintenir cette tendance positive, il leur faut de véritables perspectives de débouchés. La consommation des ménages devient donc primordiale. A cette condition, les entreprises ré-initieraient un cycle d’expansion vertueux où la croissance de l’activité tirerait les marges. Ce n’est peut-être qu’un problème de temps. Le second semestre de cette année s’inscrit dans une phase de transition. Aujourd’hui les problèmes macro-économiques «capent» les marchés à la hausse. Malgré des valorisations basses, un ajustement sur les perspectives de croissance peut entraîner le marché plus bas, sans modifier la valorisation absolue.
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