Transdev reprend la main sur la restructuration de la SNCM
Les premiers actionnaires de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), Transdev et Veolia, ont obtenu gain de cause. Le conseil de surveillance du groupe de ferries a refusé la reconduction de Marc Dufour à la présidence du directoire. Son mandat s’achèvera fin mai. Les six représentants de Transdev, coentreprise entre la Caisse des dépôts et Veolia à la tête de 66% de la SNCM, ont voté contre Marc Dufour emportant la décision face aux quatre représentants des actionnaires salariés (9% du capital) et du président du conseil de surveillance et grâce à l’appui de l’Etat (25%). Ses trois administrateurs se sont abstenus. «Il est normal que l'équipe dirigeante de la société puisse travailler et agir en confiance avec son principal actionnaire, quel qu’il soit», a déclaré le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, qui juge «important de mettre un terme à la quasi paralysie qui menaçait la société».
Transdev fera «connaître rapidement le nom du remplaçant qu’elle proposera» au conseil de surveillance prévu le 28 mai prochain. Le groupe de transports n’a pas dévoilé ses intentions mais il est probable que le premier actionnaire de la SNCM choisisse d’élaborer un nouveau plan de restructuration. Celui soutenu par Marc Dufour, qui prévoyait l’achat de quatre nouveaux navires financés par l’Etat pour tenter de sortir la société de sa spirale déficitaire, ne convenait plus à Transdev.
«Nous souhaitons permettre à la SNCM de se construire un avenir, qui ne soit ni la liquidation, ni la fuite en avant», a déclaré Jean-Marc Janaillac, le PDG de Transdev. Le groupe assure que «la question n’est pas de placer la SNCM en redressement judiciaire, mais de réunir l’ensemble des conditions qui lui permettront d’assurer son avenir.» Un travail sera engagé «avec l’ensemble des parties prenantes afin de construire un projet industriel reposant sur un diagnostic réaliste de la situation économique et juridique de la compagnie».
La compagnie maritime doit rembourser aux pouvoirs publics 440 millions d’euros, dont la moitié pour des aides d’Etat versées entre 2007 et 2013 et jugées illicites par la Commission européenne en mai 2013. L’autre moitié concerne des aides liées à la privatisation de l’entreprise en 2006. Les recours devant les juridictions européennes devraient faire planer l’incertitude pendant encore de longs mois.
Plus d'articles du même thème
-
Sodexo relève sa prévision de croissance annuelle après un bon trimestre
Entre mars et mai, le groupe a enregistré une hausse de ses ventes de 0,9% et il vise désormais une progression interne d'au moins 1,2% sur l'ensemble de son exercice décalé 2025-2026. -
DNCA Finance recrute un gérant de LBP AM pour muscler l’équipe d’Alpha Bonds
Guillaume Fradin va contribuer au développement de l'expertise obligataire de conviction de la société. -
Bouygues se renforce dans la construction aux Etats-Unis
Le conglomérat a annoncé l'acquisition de Vannoy Construction, une entreprise active dans le sud-est des Etats-Unis qui a enregistré un chiffre d'affaires de 873 millions d'euros l'an dernier.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
CONFIANCEPourquoi il faut réconcilier résilience numérique et performance - par Benoît Darde
Le progrès européen ne se décrète pas. Les tensions géopolitiques forcent aujourd'hui une relecture de nos chaînes de valeur. L'Europe affronte le défi de son autonomie stratégique, coincée entre la rhétorique politique et la réalité des dépendances technologiques mondiales -
Bras de ferConsigne des bouteilles plastique : la guerre du bac jaune tourne au bourbier politique
Le gouvernement avance vite pour déployer la consigne pour recyclage à partir de début 2027. Mais les collectivités locales, les ONG et les recycleurs freinent en raison des incertitudes sur les impacts financiers et écologiques de cette vaste réforme. -
JackpotDepuis la levée des sanctions américaines, l'Iran exporte son pétrole à tour de bras
Téhéran vend massivement son or noir à la Chine avant que la fenêtre des 60 jours prévus par l'accord ne se referme