Transdev reprend la main sur la restructuration de la SNCM

Le premier actionnaire de la société de ferries a obtenu la non reconduction du président du directoire et va travailler à un nouveau plan
Olivier Pinaud

Les premiers actionnaires de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), Transdev et Veolia, ont obtenu gain de cause. Le conseil de surveillance du groupe de ferries a refusé la reconduction de Marc Dufour à la présidence du directoire. Son mandat s’achèvera fin mai. Les six représentants de Transdev, coentreprise entre la Caisse des dépôts et Veolia à la tête de 66% de la SNCM, ont voté contre Marc Dufour emportant la décision face aux quatre représentants des actionnaires salariés (9% du capital) et du président du conseil de surveillance et grâce à l’appui de l’Etat (25%). Ses trois administrateurs se sont abstenus. «Il est normal que l'équipe dirigeante de la société puisse travailler et agir en confiance avec son principal actionnaire, quel qu’il soit», a déclaré le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, qui juge «important de mettre un terme à la quasi paralysie qui menaçait la société».

Transdev fera «connaître rapidement le nom du remplaçant qu’elle proposera» au conseil de surveillance prévu le 28 mai prochain. Le groupe de transports n’a pas dévoilé ses intentions mais il est probable que le premier actionnaire de la SNCM choisisse d’élaborer un nouveau plan de restructuration. Celui soutenu par Marc Dufour, qui prévoyait l’achat de quatre nouveaux navires financés par l’Etat pour tenter de sortir la société de sa spirale déficitaire, ne convenait plus à Transdev.

«Nous souhaitons permettre à la SNCM de se construire un avenir, qui ne soit ni la liquidation, ni la fuite en avant», a déclaré Jean-Marc Janaillac, le PDG de Transdev. Le groupe assure que «la question n’est pas de placer la SNCM en redressement judiciaire, mais de réunir l’ensemble des conditions qui lui permettront d’assurer son avenir.» Un travail sera engagé «avec l’ensemble des parties prenantes afin de construire un projet industriel reposant sur un diagnostic réaliste de la situation économique et juridique de la compagnie».

La compagnie maritime doit rembourser aux pouvoirs publics 440 millions d’euros, dont la moitié pour des aides d’Etat versées entre 2007 et 2013 et jugées illicites par la Commission européenne en mai 2013. L’autre moitié concerne des aides liées à la privatisation de l’entreprise en 2006. Les recours devant les juridictions européennes devraient faire planer l’incertitude pendant encore de longs mois.

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