Toyota relève prudemment ses objectifs dans un environnement maussade

Le constructeur pâtit de la vigueur du yen et craint une lente convalescence des marchés européen ou américain
Benoît Menou

Réduction des coûts et rabais sur le prix des véhicules ont permis à Toyota d’afficher des résultats semestriels (à fin septembre) en net progrès. Pour un chiffre d’affaires en hausse de 15,5% à 9.678 milliards de yens (84,6 milliards d’euros), le résultat opérationnel est passé d’une perte de 136,9 milliards à un gain de 323,1 milliards (il reste toutefois négatif au Japon et en Europe) et le bénéfice net d’une perte de 56 milliards à un bénéfice de 289,1 milliards.

Surtout, le constructeur automobile japonais a répondu, en partie seulement, aux attentes des analystes, en relevant pour la seconde fois ses prévisions annuelles de résultats à fin mars prochain. A l’image de nombreux concurrents internationaux qui ont eux aussi revu à la hausse leurs objectifs (comme Honda ou Nissan au Japon), le numéro un mondial du secteur affiche encore des objectifs inférieurs au consensus. Les constructeurs automobiles semblent avant tout souhaiter se préserver une marge de manœuvre face à une fin d’année 2010 qui reste bien incertaine.

Toyota a pour sa part relevé de 30.000 véhicules son ambition de ventes annuelles, à 7,41 millions d’unités. Et, sur la base de taux de change moyens de 85 et 112 yens pour un dollar et un euro respectivement, le groupe nippon vise désormais un résultat d’exploitation annuel de 380 milliards de yens (contre 330 milliards). Face à des consensus Reuters et Bloomberg de 496 et 488 milliards. Enfin, Toyota a revu à la marge son estimation de résultat net de 340 à 350 milliards.

Certes, le groupe mise sur la confirmation du dynamisme des ventes en Asie, entend poursuivre ses efforts de baisse des coûts et «faire tout son possible» pour écouler un nombre élevé de véhicules. Mais il lutte toujours pour redorer son blason après les récents rappels massifs, et, de l’aveu même de son vice-président exécutif Satoshi Ozawa, évolue «dans un environnement très difficile», caractérisé tant par une vive appréciation de la devise nippone ces derniers mois que par un risque de ralentissement de la reprise de la demande aux Etats-Unis et en Europe ou par une baisse du marché au Japon à l’extinction du dispositif de soutien public. Une aide qui a d’ailleurs avant tout bénéficié à Toyota, en position de force sur les modèles hybrides. Déjà, les ventes du groupe ont chuté de 24% dans l’Archipel le mois dernier.

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